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“Les 100 producteurs représentent 71 % des émissions mondiales de Gaz à Effet de Serre industriels” : entre 1988 et 2015 inclus, le rapport brûlant des entreprises à énergie fossile les plus impactantes pour la Terre !

Si le réchauffement du globe terrestre reste un sujet dont certaines variables confrontent encore les climato-sceptiques de ceux qui n’en doutent pas (ou peu), celui-ci intègre une variable à évolution tristement fixe et que l’on ne peut réfuter puisque du fait actuel d’acteurs industriels ou énergétiques : l’augmentation des émissions de serre du fait de l’être humain ou de l’entité morale. Au-delà des gestes quotidiens ou éco-citoyens qui doivent toujours participer à la minimisation de l’empreinte humaine sur la planète, les entreprises, au moins depuis 1988 et jusqu’en 2015, semblent, malgré quelques efforts notables et que l’on ne peut que saluer en tant que prémices d’autres – très – nombreux à parfaire, ne pas réaliser l’ampleur du phénomène ; surtout quand il s’agit, en matière première ou en produit fini, de gérer des énergies à teneur haute en émission de gaz à effet de serre…

 

 

Dans son rapport accablant, le CDP (Carbon Disclosure Project), avec le concours du CAI (Climate Accountability Institute) commence à mettre à la vue du grand public les données accumulées depuis 2013, date de création de cette base de données : “ce rapport examine les émissions industrielles de dioxyde de carbone et de méthane provenant des producteurs de combustibles fossiles dans le passé, le présent et le futur. En 1988, le changement climatique induit par l’homme a été officiellement reconnu par la création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Depuis cette époque, l’industrie des énergies fossiles a doublé sa contribution au réchauffement climatique en émettant autant de gaz à effet de serre en 28 ans qu’en 237 ans entre 1988 et la naissance de la révolution industrielle. Depuis 1988, plus de la moitié des GES (ndlr : Gaz à effet de serre ; GHG : GreenHouse Gaz, en anglais) industriels mondiaux peuvent être attribués à seulement 25 entreprises et États producteurs“, est-il indiqué, en préambule, par le CDP dans son rapport de 2017 mais faisant bien référence à la période oscillant entre 1988 et 2015 inclus.

Pour rappel et comme expliqué, entre-autres, par l’agence de protection environnementale (l’EPA, aux Etats-Unis), sont inclus dans les gaz à effet de serre (dont le CO2), les éléments ou secteurs suivants (chiffres indicatifs pour l’année 2020 et uniquement pour le territoire américain) :

 

  • Essence, énergies fossiles (carburant, transport) : 27 % pour le secteur du transport,
  • Electricité (production, transformation) : 25 %,
  • Industrie (dont énergies fossiles : combustion pour produits finis) : 24 %,
  • Particuliers et professionnels (commerçants) : 13 %,
  • Agriculture (bovins, riz, préparation-entretien des sols) : 11 %,
  • Exploitation des forêts et des terres forestières : 13 %.

Ce rapport s’appuie sur les éléments de calcul établis par l’IPCC (Inter-Governmental Panel on Climate Change) : les lignes directrices pour calculer ces effets de serre ont été établis suivant une sorte de cahier des charge (mathématiques) en 2006, notamment, par le GIEC. Concernant le rapport du CDP, la formule est la suivante :

où :

  • P est Production,
  • EF est le Facteur d’Emission,
  • p est le produit.

L’ensemble a permis de mettre en avant une répartition de ces types de gaz à effet de serre, parmi ce triste top 100 des entités morales ou multi-nationales, selon une base de 635 GtCO2e (GigaTonnes d’équivalent au CO2), pour les entreprises actives et exploitant des combustibles fossiles :

 

  • Etat : 59 %,
  • Investisseurs publics : 32 %,
  • Investisseurs privés : 9 %.

 

La répartition des émissions est concentrée : 25 entreprises et entités étatiques productrices représentent 51 % des émissions mondiales de GES industriels. Les 100 producteurs représentent 71 % des émissions mondiales de GES industriels“, est-il ainsi conclut, par regroupement et analyse de ces données, toujours concernant ces entreprises.

Ce qui donne, le classement suivant, concernant les entreprises émettant, sur la planète entière, le plus de gaz à effet de serre et pour période 1988-2015 (tout calcul confondu, inclus) :

 

  • China (Coal) : 14.32 %
  • Saudi Arabian Oil Company (Aramco) : 4,50 %,
  • Gazprom OAO : 3,91 %
  • National Iranian Oil Co : 2,28 %,
  • ExxonMobil Corp : 1,98 %,
  • Coal India : 1,87 %
  • Petroleos Mexicanios (Pemex) : 1,87 %,
  • Russia (Coal) : 1,86 %,
  • Royal Dutch Shell PLC : 1,67 %,
  • China National Petroleum Corp (CNPC) : 1,56 %,
  • BP PLC : 1,53 %,
  • Chevron Corp : 1,31 %,
  • Petroleos de Venezuela SA (PDVSA) : 1,23 %,
  • Abu Dhabi National Oil Co : 1,20 %,
  • Poland Coal : 1,16 %,
  • Peabody Energy Corp : 1,15 %,
  • Sonatrach SPA : 1 %,
  • Kuwait Petroleum Corp : 1 %,
  • Total SA, 0,95 % 20) BHP Billiton Ltd : 0,91 %,
  • ConocoPhillips : 0,91 %,
  • Petroleo Brasileiro SA (Petrobras) : 0,77 %,
  • Lukoil OAO : 0,75 %,
  • Rio Tinto : 0,75 %,
  • Nigerian National Petroleum Corp : 0,72 %,
  • Petroliam Nasional Berhad (Petronas) : 0,69 %,
  • Rosneft OAO : 0,65 %,
  • Arch Coal Inc : 0,63 %,
  • Iraq National Oil Co : 0,60 %,
  • Eni SPA : 0,59 %,
  • Anglo American : 0,59 %,
  • Surgutneftegas OAO : 0,57 %,
  • Alpha Natural Resources Inc : 0,54 %,
  • Qatar Petroleum Corp : 0,54 %,
  • PT Pertamina : 0,54 %,
  • Kazakhstan Coal : 0,53 %,
  • Statoil ASA : 0,52 %,
  • National Oil Corporation of Libya : 0,50 %,
  • Consol Energy Inc : 0,50 %,
  • Ukraine Coal : 0,49 %,
  • RWE AG : 0,47 %,
  • Oil & Natural Gas Corp Ltd : 0,40 %,
  • Glencore PLC : 0,38 %,
  • TurkmenGaz : 0,36 %,
  • Sasol Ltd : 0,35 %,
  • Repsol SA : 0,33 %,
  • Anadarko Petroleum Corp : 0,33 %,
  • Egyptian General Petroleum Corp : 0,31 %,
  • Petroleum Development Oman LLC : 0,31 %,
  • Czech Republic Coal : 0,30 %,
  • China Petrochemical Corp (Sinopec) : 0,29 %,
  • China National Offshore Oil Corp Ltd : 0,28 %,
  • Ecopetrol SA : 0,27 %,
  • Singareni Collieries Company : 0,27 %,
  • Occidental Petroleum Corp : 0,26 %,
  • Sonangol EP : 0,26 %,
  • Tatneft OAO : 0,23 %,
  • North Korea Coal : 0,23 %,
  • Bumi Resources : 0,23 %,
  • Suncor Energy Inc : 0,22 %,
  • Petoro AS : 0,21 %,
  • Devon Energy Corp : 0,20 %,
  • Natural Resource P LP : 0,19 %,
  • Marathon Oil Corp : 0,19 %,
  • 65) Vistra Energy : 0,19 %,
  • Encana Corp : 0,18 %,
  • Canadian Natural Resources : 0,17 %,
  • Hess Corp : 0,16 %,
  • Exxaro Resources Ltd : 0,16 %,
  • YPF SA : 0,15 %,
  • Apache Corp : 0,15 %,
  • Murray Coal : 0,15 %,
  • Alliance Resource Partners LP : 0,15 % ,
  • Syrian Petroleum Co : 0,15 %,
  • Novatek OAO : 0,14 %,
  • NACCO Industries Inc : 0,13 % ,
  • KazMunayGas : 0,13 %,
  • Adaro Energy PT : 0,13 %,
  • Petroleos del Ecuador : 0,12 %,
  • Inpex Corp : 0,12 %,
  • Kiewit Mining Group : 0,12 %,
  • AP Moller (Maersk) : 0,11 %,
  • Banpu Public Co : 0,11 %,
  • EOG Resources Inc : 0,11 %,
  • Husky Energy Inc : 0,11 %,
  • Kideco Jaya Agung PT : 0,10 %,
  • Bahrain Petroleum Co (BAPCO) : 0,10 %,
  • Westmoreland Coal Co : 0,10 %,
  • Cloud Peak Energy Inc : 0,10 %,
  • Chesapeake Energy Corp : 0,10 %,
  • Drummond Co : 0,09 %,
  • Teck Resources Ltd : 0,09 %,
  • Turkmennebit : 0,07 %,
  • OMV AG : 0,06 %,
  • Noble Energy Inc : 0,06 %,
  • Murphy Oil Corp, 0,06 %,
  • Berau Coal Energy Tbk PT : 0,06 %,
  • Bukit Asam (Persero) Tbk PT : 0,05 %,
  • Indika Energy Tbk PT : 0,04 %,
  • Southwestern Energy Co : 0,04 %.

 

Des chiffres qui ne peuvent, théoriquement, qu’inciter les professionnels (surtout ceux spécialisé dans les traitements petro-chimiques, notamment en commençant à prioriser les activités secondaires voire tertiaires via l’énergie solaire ou l’énergie électrique en passant par une exploitation des vents tout en limitant l’impact des infrastructures – cas des éoliennes – en terme de renouvellement (pâles laissés parfois sur les champs ou difficilement recyclables dans leur intégralité, en fin de durée d’amortissement…) et en terme de respect du système marin et des population humaine (syndrome éolien, désormais reconnu notamment en France).

Des chiffres qui interviennent alors que la planète approche progressivement d’un point de non-retour : les mesures des industriels et des entreprises, tout pays confondu, devraient être en proportion de leur impact énergétique. Des coraux qui blanchissent (qui démontrent que, oui, un ou deux degrés constituent une énorme différence, si certain(e)s en doutaient), une déforestation de plus en plus soutenue (parfois avec l’argument pseudo-vertueux d’une exploitation “durable” ou “eco-reponsable”, notamment pour l’huile de palme qui, diététiquement et en terme d’agriculture, n’a rien d’éco-reponsable puisqu’il faut brûler un sol et ce qui s’y trouve pour le préparer, sans évoquer la faune et la flore qui part avec… !) en passant par les déchargements sauvages sur terre ferme et en haute-mer  voire l’Arctique et l’Antarctique qui sont commencent à être exploité (avec des bateaux d’expéditions ou touristiques qui respectent rarement un chemin commun pour éviter de casser la glace partout : il faut emprunter, pour rappel et autant que cela est possible, un chemin déjà cassé pour limiter l’impact de ces bateaux sur la glace non-brisée et souvent empruntée par des animaux polaires !…) pour les besoins touristiques alors qu’il s’agissait, il y a quelques années encore, d’une zone protégée où les intérêts politiques ne devraient pas avoir lieu ; un mince échantillon de la dégradation de la planète que bon nombre d’industriels (qui sont aussi des habitants de cette planète ainsi que leurs familles) semblent mésestimer en faisant des efforts insuffisants ; une copie à revoir d’urgence : difficile de poursuivre une activité industrielle si les erreurs ne sont pas comprises pour améliorer le prochain modèle d’exploitation énergétique tout en bénéficiant de l’habitat et de son eco-système ; une mentalité de conquérant où il ne restera rien à conquérir si le modèle est ainsi dupliqué, toute énergie confondue… A suivre !

 

 

 

Sources :




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