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“Le monde contribue-t-il à sa juste part ?” : l’association ETNO préconise de faire payer certaines entreprises ou entités pour l’accès à l’Internet ! (Une “éthique”tte plus très “Net”…)

L’accès à l’Internet, hors coût du FAI (Fournisseur d’Accès à l’Internet) et assimilés, est libre, gratuit et sans condition aucune, pour peu, bien sûr, que l’on puisse y accéder par un quelconque moyen (terminal) : une phrase qui paraît anodine mais qui serait en passe d’être remise en cause, dans le but d’optimiser les connectivités-réseau ou leur accessibilité…

 

(Source : Chaunu)

 

Selon un nouveau rapport, les opérateurs de réseau ont investi plus de 500 milliards d’euros au cours des dix dernières années dans le développement de leurs réseaux de télécommunications fixes et mobiles en Europe. Mais tout le monde contribue-t-il à sa juste part ?“, semble s’interroger sérieusement l’association ETNO (European Telecommunications Network Operator), au détour d’un rapport produit par le groupe Axon Partners qui a étudié le trafic-réseau européen. Cette mesure vient en addition des Digital Services Act (DSA – lutte contre les contenus en ligne “illicites et préjudiciables” : entrée en vigueur minimale théorique, le 1er Janvier 2024) et Digital Markets Act (DMA – eco-système européen des contenus et applications au sein des places de marché numériques : entrée en vigueur six mois après son adoption)

 

Alors que la VoIP maintient une même constante en consommation entre 2011 et 2021, la consommation en data, pour cette même période a augmentée de manière drastique (x7 environ) : selon le rapport, la “majeure partie” de ce trafic serait “attribué” aux réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Meta) ou à des entreprises comme Alphabet (Google, Youtube), Apple (iCloud, iTunes, AppStore), Amazon (AWS, Amazon Prime), Netflix ou encore Microsoft (Office, Xbox). Rien que pour ces acteurs-entreprises, il serait question d’une occupation-trafic de “plus de 56 %” par rapport au trafic de la data-donnée mondial (y compris les réseaux fixes et mobiles), pour la période 2021 uniquement ; en notant, qu’avant tout, ceux qui exploitent la data ou la VoIP sont les internautes ou utilisateurs, ce qui soulèverait un double-débat : en plus des entreprises, faudrait-il faire peser sur le budget du consommateur européen un forfait ou un prix pour accéder à l’Internet, puisque le rapport semble pointer des entreprises qui proposent un service (en ligne). Un axe qui peut être caduque (concernant les OTTs) puisque ceux-ci sont présents en proportion de l’attractivité de la popularité des services proposés : si une entreprise à un service peu populaire ou prisé, alors, son trafic-réseau découlant dudit service ne générera qu’une goutte au milieu d’autres entreprises qui sont sollicitées régulièrement par les utilisateurs. En d’autres termes : ici, il est question de savoir qui monopolise le plus un trafic-réseau, non-pas en fonction d’une optimisation technique qui pourrait être défaillante ou à parfaire (ce qui peut, en aparté, toujours être amélioré) mais en fonction de la tendance ou de la popularité de services d’une entreprise. Sans surprise, donc, on retrouve les GAFA(M), entre-autres, qui sont sollicités pour payer un accès à l’Internet ce qui est amoral, anti-éthique, sauf si l’on applique la même chose (?) à l’internaute, qui aura forcément une répercussion de cette mesure de manière indirecte (augmentation du coup FAI, par exemple, forfait qualitatif ligne…).

A cette considération découlant du rapport, s’ajoute, cette fois, une conclusion (chiffrée) d’Axon Partners qui justifierait une telle mesure via les 7,11 trilliards d’euros (GAFAMNetflix) engrangés (année ? période ?) par ces OTTs contre les 0,24 trilliard d’euros accumulés par les opérateurs européens envieux tels que Orange, Deutsche Telekom, British Telecom, Telefonica, Telia, Telenor, Telecom Italia et Vodafone. Certes, ces bénéfices indécents contrastent fortement avec la situation économique et sanitaire actuelle mais, en l’état, il s’agit de chiffres obtenus par la consommation de milliards d’utilisateurs dans le monde qui, de leur plein gré, utilisent les services de ces entreprises. Si réfléchir à une solution plus équilibrée reste nécessaire et tout à fait louable, l’incrimination du capitalisme a de quoi prêter à sourire par rapport aux auteurs du rapport qui eux-mêmes exploitent les rouages du capitalisme.

 

Du reste, les évènements de la COVID-19 et, surtout des coûts liés aux infrastructures relatives à la connectivité-réseau ont développé ce type de mentalité puisque ce qui reste indéniable, ici, est effectivement le cas, notamment, de la migration-réseau FTTH Gigabit “qui obligera à un investissement additionnel de 150 milliards d’euros“. Une somme qui ne sera versée au complet que d’ici 2033 si les versements restent en l’état (10 milliards d’euros par an environ). Actuellement et selon le rapport, en 2021, 51 % des européens possèdent un accès (viable ? actif ?) à la fibre. Ce qui ramène sur la table, une ressource de revenu additionnelle (plutôt que de revoir certains postes dans le budget européen ?) en faisant passer à la caisse des entreprises ou professionnelles, en commençant par les poids lourds du secteur.

Et, cela tombe bien, pour mieux incarner cette mesure potentielle, le rapport intègre une simulation de ce qu’apporterait la contribution des OTTs : “si l’on suppose une contribution de 20 milliards d’euros par an par OTTS (dont 40% ont été alloués au déploiement FTTH), une couverture de 88,0 % FTTH serait obtenue d’ici 2025 – représentant une amélioration des niveaux de couverture de 13,2 %” ; même son de cloche pour la connectivité-5G : “si les OTTS devaient contribuer, par exemple, à hauteur de 20 milliards d’euros par an aux coûts d’utilisation des infrastructures de télécommunications en Europe, et en supposant que 60% devraient être alloués aux réseaux 5G (ndlr : selon disposition théoriques, simulations, du rapport, sur ce point), nous pourrions nous attendre à des niveaux de couverture plus rapides des réseaux 5G”, avec, toujours en prévisionnel, une atteinte-couverture du réseau 5G (Europe) de 71,5 % pour 2025 et concernant le “trafic mobile“. Enfin et bien que cela puisse être totalement indépendant du sujet de la tarification des GAFAMNs, la question écologique est ainsi exploitée de manière vertueuse en évoquant les améliorations en matière d’efficacité énergétique : le rapport table ainsi une diminution de “l’énergie consommée par les réseaux mobiles“, au total (RAN + Core) de -31,5 % ; -20,8 % concernant la FTTH, toujours d’ici 2025 et théoriquement.

 

Suivant si une telle mesure passe les considérations éthiques (que le consommateur ne se leurre pas : cela commencera pas le professionnel avant d’étendre des forfaits ou des tarifs-contrats au particulier, pour réserver des lignes ou bande-passante selon la taille du porte-feuille ou de l’investissement), trois scénarios sont envisagés : en fonction de redevance ou “contribution” requise (10 milliards au minimum, 20 milliards ou 30 milliards aux OTTs), il est supposé une génération d’emplois théoriques (quand on sait que la plupart des entreprises, surtout en temps de disette économique et hors cas des contrats ponctuels-intérimaires par prestation dédiée, ont une tendance à ne pas trop embaucher, quitte à délester une partie d’un poste sur un autre employé, pour maximiser l’économie) oscillant entre 420 000 postes et plus de 1,26 milliard d’emplois. A ces chiffres qui laissent rêveurs, le rapport assène le coup final (estimatif : il s’agit de prévisions, pour rappel) avec une efficacité énergétique minimale de -15 % voire -38 % au maximum, suivant le scénario ; tout bonnement 0 émission pour une contribution de 30 milliards d’euros par les OTTs.

 

 

Pour clore la partie environnementale (nullement à mettre à l’écart mais qui sert amplement, en terme d’argumentation, le rapport), Axon Partners préconise une “contribution” des OTTs à hauteur de 20 milliards d’euros par an pour faire baisse la facture énergétique du réseau (européen), qui baisserait à 10,1 TWh.

D’autres options pourraient prendre le relais en cas de non-accord : la mise en place d’un “fond spécial ou d’une taxation numérique” ou une “optimisation du trafic“, en mettant en place des mesures par localité, ce qui ramène à la multiplication des dispositifs pour étendre les ondes-fréquences… A suivre !

 

 

 

Sources :




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