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Pegasus : par pression ou chantage, des journalistes-femmes ont vu certaines photos privées ou intimes déversées sur l’Internet !

Toujours dans la tourmente, NSO Group continue de faire parler de lui via l’affaire Pegasus : outre les informations détournées et exploitées, hors champ d’application usuel, par le spyware, NBCNews relate de nouveaux témoignages de femmes et journalistes dans le monde entier qui ont vu des photos privées ex-filtrées de leur terminal infecté pour les exposer sur le Web…

 

 

Voici un condensé de leur témoignage ou leur récit :

 

 

  • Loujain al-Hathloul : une première vérification infructueuse de traces du logiciel-spyware (un mois environ) avait été faite au sein du terminal de Lina al-Hathloul. Une seconde analyse auprès d’autres experts (Front Line Defenders) ont confirmé qu’un lien de viralité était établi depuis le terminal de Loujain al-Hathloul avec certains mails dont le contenu avait été lu par une personne ou entité située aux Emirats Arabes Unis. Sans possibilité de savoir si cela avait attrait ou non directement à Pegasus, la journaliste exprime, plus largement, une tendance inquiétante au chantage appuyé ou cyber-harcèlement : “si une femme essaie d’exprimer son opinion sur des lois injustes ou dit quelque chose qui ne plaît pas au gouvernement, elle divulguera vos photos privées pour vous intimider […] C’est efficace à court terme, mais à long terme, cela ne fonctionnera pas” ;

 

  • Alaa Al-Siddiq : après analyse du smartphone par Citizen Lab (l’équipe sécuritaire qui a confirmé les études ou rapports émis par Forbidden Stories et Amnesty International), il s’est avéré que Pegasus était bien présent au sein du terminal mobile. Tout comme sa consœur ci-dessus, son numéro de téléphone figurait dans le listing dévoilait originellement par Amnesty. Là aussi, des photos privées ont été divulguées et la militante est décédée le 19 Juin 2021 dans un “accident de voiture“, au Royaume-Uni, à Oxfordshire ;

 

  • Alya Alhwaiti : la militante et ex-cavalière professionnelle (Arabie Saoudite : 2004-2011) a vu certains évènements étranges se produire sur son terminal mobile, à partir de 2018. Freeze-écran, appels inconnus, notifications de transfert-fichier, messages à caractère intimidant… tout cela est intervenu alors que Alya Alhwaiti commençait à prendre position au sein de son pays sur divers sujets : “je suis devenue l’ennemie“. Une analyse du terminal en question par la police anglaise (Scotland Yard) a confirmé l’infection ce qui a permis de changer entièrement de terminal mobile ; et également de maison : pas moins de 16 déménagements en à peine deux ans. Lors de l’été 2020, des photos vraisemblablement issues uniquement (stockage) de son smartphone, en local, ont été dévoilées sur l’Internet : photos la montrant en tenue courte (une “robe courte“…) lors d’une cérémonie de mariage avec des bleus sur la jambe (équitation…) ou montrant la militante en moment-détente en short et t-shirt sur la plage. En Occident, ces clichés ne seraient pas choquantes mais dans d’autres contrées, cela a déversé un torrent d’insultes et de paroles grossières, ce qui était la finalité : la remise en cause de l’intégrité de sa personne en tant qu’être humain et dans son domaine professionnel. Après une analyse auprès de Citizen Lab (qui a confirmé la présence de Pegasus), à nouveau, le smartphone a été renouvelé ;

 

  • Ghada Oueiss : dernier témoignage avec la journaliste libanaise travaillant à Al-Jazeera. Une amie-collègue de travaille l’informe, en Juin 2021 qu’une photo d’elle (privée) est publiée sur Twitter : il s’agit d’un cliché où l’on voit la jeune femme en bikini dans un jacuzzi avec, en mention ou annotation, des propos diffamatoires, erronés (le cliché était pris depuis la maison de son responsable, chef). Ce cyber-harcèlement a amorcé d’autres publications du même acabit avec des propos haineux envers sa personne ou en tant que femme, afin, là aussi, de remettre en cause son estime professionnelle ou humaine en place – sociale – publique. Les messages étaient en général (et théoriquement : rien de confirmé) issus de personnes qui avaient un lien direct ou indirect (des comptes vérifiés, parfois…) avec le Prince d’Arabie Saoudite Mohammed bin Salman Al Saud : une plainte a été déposée en Décembre 2020 contre le Prince et d’autres personnes (dont Mohamed bin Zayed, dirigeant des Emirats Arabes Unis et deux utilisateurs Twitter), aux Etats-Unis (Floride). Après analyse par un spécialiste, il a été confirmé, en aparté, que le smartphone avait bien été infecté par Pegasus. Là aussi, la journaliste est quasi-sûre que ces clichés étaient uniquement présent (stockage) sur le terminal mobile qu’elle utilisait. Ces publications intervenaient alors qu’elle effectuait depuis un certain temps des reportages pour pointer certains aspects politiques sur le régime saoudien. Récemment et alors que les publications sur Pegasus ont été révélées au monde entier, une nouvelle vague de cyber-harcèlement a été subie par la jeune femme sur les réseaux sociaux dont Twitter. “Le monde sait à quel point ces programmes sont laids et à quel point il est vicieux et malfaisant lorsque les outils qui étaient censés protéger les gens contre les terroristes ou les criminels sont utilisés contre de bonnes personnes”, a t-elle déclaré. “Je suis heureux que les gens qui ne m’ont pas pris au sérieux quand j’ai dit que j’étais espionné le prennent maintenant au sérieux. Je suis heureuse de ne pas être seule […] L’objectif est de les faire taire, d’attirer l’attention sur leur corps ou sur ce qu’elles devraient porter ou dire […] Je sais qu’ils veulent me faire taire, mais je ne serai pas réduite au silence “.

 

 

Amnesty International demande un moratoire immédiat sur l’exportation, la vente, le transfert et l’utilisation de technologies de surveillance jusqu’à ce qu’un cadre réglementaire conforme aux droits humains soit en place. NSO Group est autorisé à exporter le logiciel Pegasus par le ministère israélien de la Défense. Amnesty International appelle le gouvernement israélien à révoquer les licences d’exportation existantes du groupe NSO, étant donné le risque que ses logiciels espions puissent être utilisés pour des violations des droits humains. En outre, NSO Group devrait immédiatement fermer les systèmes des clients lorsqu’il existe des preuves crédibles d’une utilisation abusive. L’organisation appelle également l’entreprise à publier un rapport de transparence conforme aux droits de l’homme qui divulgue les incidents d’utilisation abusive de leurs produits, les pays de destination, les contrats et d’autres informations nécessaires pour enquêter de manière approfondie sur l’éventualité d’atteintes aux droits de l’homme liées à leur entreprise“, préconise urgemment Amnesty International, au sein d’un communiqué du 23 Juillet 2021.

Du côté de NSO Group, bon nombre de comptes-clients, dans le cadre de “vérifications rigoureuses des droits de l’homme et de la conformité légale avant la vente“, ont été clôturés, notamment gouvernementaux, affirme Louis Rynsard, porte-parole du groupe qui continue à réfuter les accusations et faits et, désormais, témoignages, liés à l’usage illégitime de Pegasus… A veiller !

 

 

Source : NBCNews – 1er Août 2021 – Pegasus : témoignages et récits de 4 journalistes femmes ayant subi du cyber-harcèlement et des pressions par publication illégitime de clichés privés.




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