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Accès gratuit avec données collectées ou payer un abonnement : Noyb porte plainte contre les paywalls exploités par de nombreux sites Web !

Pour l’heure en Allemagne, les dépôts de plaintes font référence à une pratique répandue de plus en plus, notamment en France, depuis quelques mois (des exemples : AlloCiné ou encore JeuxVideo.com) : ces sites, en plus du RGPD dont les fondements devraient suffire, appliquent un bandeau de consentement indiquant à l’utilisateur un (non)choix (éthique) : soit continuer gratuitement à accéder au site (le bandeau empêchant d’entrée de jeu l’accès au site ce qui est contraire à la NETiquette et à l’éthique de manière globale) moyennant une collecte de données non-configurable soit ne pas consentir à cette collecte de données mais payer un petit quelque chose pour la “survie” du site en question. Noyb a décidé, concernant certains sites allemands, de dire stop à ces pratiques excluantes, en déposant une plainte contre ce type d’accessibilité que sont les paywalls.

 

 

Aujourd’hui, noyb a déposé des plaintes contre les cookies paywalls de sept grands sites d’information allemands et autrichiens : SPIEGEL.de, Zeit.de, heise.de, FAZ.net, derStandard.at, krone.at et t-online.de. De plus en plus de sites Web demandent à leurs utilisateurs soit d’accepter que les données soient transmises à des centaines de sociétés de suivi (ce qui génère quelques centimes de revenus pour le site Web) ou de souscrire un abonnement (jusqu’à 80 € par an). Le consentement peut-il être considéré comme « librement donné » si l’alternative est de payer 10, 20 ou 100 fois le prix du marché de vos données pour les garder pour vous ? […] tandis que les sociétés de médias ne reçoivent que quelques centimes par utilisateur pour transmission de données, SPIEGEL et FAZ facturent actuellement 59,88 € par an pour un abonnement sans suivi. Die ZEIT facture 62,40 € et derStandard.at même 84 € par an pour son « abonnement PUR » sans aucune forme de publicité. Dès que ces chiffres sont comparés aux revenus totaux des entreprises de médias, l’ampleur des profits est évidente : si tous les lecteurs de spiegel.de souscrivent un « abonnement PUR », l’entreprise générerait un chiffre d’affaires d’environ 1,2 milliard d’euros. À l’heure actuelle, leur chiffre d’affaires numérique actuel est d’environ 76,9 millions d’euros. En d’autres termes, les coûts de ces abonnements vont bien au-delà de la compensation des revenus publicitaires perdus lorsque les utilisateurs n’acceptent pas le suivi“, indique le communiqué officiel, le 13 Août 2021.

 

Comme souligné dans le communiqué officiel, en général, il s’agit de sites Web qui ont un fond de trésorerie assez palpable ou conséquent mais qui, du fait légitimement de certains aspects économiques (notamment l’impact de la COVID-19, il est vrai), ont du vouloir compenser une perte minime ou grandissante en forçant l’internaute à maintenir actif la collecte de données pour la partie analytique ou, tout simplement, pour continuer à générer de manière stable des revenus. Ici, donc, il ne s’agit nullement de petites entités comme l’association SOSOrdi.net qui, malgré les conjectures financières et économiques, n’applique pas ce type de bandeau-ultimatum car cela est tout simplement anti-éthique : on ne refuse pas l’accès à un site Web à une personne pour quelques raisons que cela soit et sauf cas extrêmement marginaux. Au RGPD, par exemple, de permettre de juguler certains aspects de collecte de données comme cela est actuellement le cas pour les sites européens via le bandeau de consentement avec un “j’accepte”, “je refuse” ou “options“, par exemple. Le consentement éclairé se transforme, avec les paywalls, en consentement forcé ou, alors, obtenu par pression morale ou psychologique puisque l’internaute, du jour au lendemain, voit son site (préféré) peu accessible sauf s’il plie à cet ultimatum qui ne repose sur aucun fondement éthique ou, potentiellement, légal (assimilable à un contrat forcé).

 

De nombreuses sociétés de médias sont devenues les esclaves des grandes entreprises. Elles vendent les données et la confiance de leurs lecteurs pour quelques centimes. Les gros bénéfices vont aux géants de la technologie de l’industrie Ad-Tech – tout comme les données“, affirme Alan Dahi, avocat spécialisé dans la protection de la donnée pour Noyb.eu. Une fois de plus, très justement, le communiqué conclut qu’il faudrait pouvoir redonner confiance en la publicité dans le cœur de l’internaute sans pour autant que ce format de rémunération ne puisse systématiquement être un traceur des plus envahissants : là encore, il faudrait pouvoir limiter avec des plafonds et seuils, surtout pour les grands groupes ou entreprises qui en abusent et font voir le mot publicité comme quelque chose d’horrifique, afin que l’environnement sur l’Internet, à ce niveau, puisse sainement se rétablir et que chacun(e) puisse en proposer sans en dégoûter définitivement l’internaute… A suivre !

 

 

 

Source : Noyb – 13 Août 2021 – Paywalls (bandeau consentement-ultimatum) : dépôt de plaintes contre plusieurs sites Web (Allemagne).




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