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Vie privée et libertés numériques, informatiques : de ce qu’il en retournera dans les années 2030, selon la CNIL ! (ou en cyber-restera…)

A l’approche de l’été ou de quelconques substances, les membres de la CNIL nous invitent à prendre part à leur rêverie qui, du reste, touche une thématique ou un point plus que réaliste : que restera t-il des libertés du e-citoyen et de sa vie privée sur l’Internet, en 2030 ?

 

Une promotion (future et, pour l’heure, fictive ?) d’une personnalité sur l’Internet, 
via un partenariat avec une corporation-entreprise qui propose un suivi en échange de promotions tarifaires

 

 

Vaste débat dont il est toujours bon d’apposer des discussions, surtout en ces temps ou le suivi – administratif, médical – d’une personne ou d’une e-personne reste plus que d’actualité. Alors, quid de l’avenir ? Voici sa teneur hypothétique, selon les tendances actuelles, observées depuis, au moins, 2020 :

 

XxX Réputé ou répudié XxX

 

  • Par crainte de représailles ou de perdre des abonnés, abonnés (les mentions “amis” qui sont large de sens…), certains utilisateurs s’auto-disciplinent ;
  • Selon la CNIL et depuis 2020, c’est un signe de peur (risque d’attirer la surveillance des autorités ou modérateurs) alors qu’il faut, également, noter alors, que parfois, être moins extraverti est juste un signe… que l’on est moins extraverti ou, du moins, que les bonnes manières parfois s’imposent face à certains usages de langage. Point premier de cet axe, le fait d’être individuel “sans individualisme” (puisque le commentaire est bien souvent appuyé par d’autres via une interaction sociale avec ou sans preuve du commentaire appuyé), la précarité des profils socio-professionnels ou encore “l’explosion” des solutions de veille et surveillance (IoT, caméras…) accéléreront cet état de dépendance émotionnel. Les exploits (PoC, piratage) et la numérisation mondiale maintiendront cet état tout en permettant, pour l’utilisateur ou l’entreprise, de doper ses chiffres avec des “entraceurs“, qui simuleront une présence à un évènement en ligne pour maintenir en apparence des statistiques de popularité stables.
  • Relation entre la notation et la réputation : un lien étroit s’est progressivement tissé entre l’évaluation ou la notation d’un bien ou service et la réputation d’un individu sur l’Internet. Fonction au départ marginale (public-test restreint) elle s’est étendu à l’ensemble de la population avec, en conséquence et selon la fiabilité ou la confiance attribuée (qui peut être biaisée ou non : fraude), des avantages dans la vie quotidienne, notamment via un accès étendu à “des services publics et privés” ;
  • La personnalité est exacerbée avec un effet de cosplayification, courant 2030 : issu du cosplay (art de se déguiser selon un personnage de fiction issu d’un livre, manga ou jeu vidéo, par exemple), l’entretien d’une popularité avérée ou non se fera en se calant sur la personnalité de la personne ou en se calant sur une personnalité inventée qui sera transfigurée avec ce prêt-à-porter plus devenu, alors, plus commun (pas que dans les salons, expositions ou évènements) ;
  • La e-réputation devient “data-driven“, en 2032 : la donnée en temps réel est systématique sur l’Internet et les phénomènes de la présente époque sont enflées. La notation ou le commentaire, fiable ou non, est considéré en dur ce qui constituera un gage de qualité (peu importe le sponsoring ou les avis tronqués : une société ne pouvant continuer à envoyer gratuitement des échantillons-produits à une personne qui trouve légitimement que les produits sont de piètre qualité). La e-popularité assurée pour les uns et la e-répudiation pour les autres : une hiérarchie sociale – avec discrimination – s’infiltrera de manière chronique sans plus pouvoir choquer personne ou, du moins, l’opinion publique.

 

XxX Ingérence vs ingérables XxX

 

  • Depuis 2020, ce n’est une nouvelle pour personne : les actions numériques sont bien plus mises en avant que les actions de la vie courante. Si ces dernières perdurent (aller au médecin, chercher des croissants-baguette, aller au cinéma…), les interactions technologiques prennent largement le pas. Dans une vue globale, cela a du sens et permet d’évoluer avec son temps en tant qu’être humain (?). Dans une vue détaillée, selon le domaine ou la thématique, les outils relatifs à la vie privée, à la productivité, à la sécurité, à l’économie (financière, fiduciaire, fiscale…), à la santé sont de plus en plus partie prenante dans la vie d’un individu. Face à cela de nouveaux comportements fleurissent (on en fait même des émissions !) comme le suivi distant d’une personne sur l’Internet (stalking) ou, au contraire, son blocage (parfois sans raison ou sur un quiproquo quand ce n’est pas, en général, pour fuir une conversation désagréable, peu importe qui à tort ou raison : ghosting) voire l’usage d’outils avec filtres avancés qui permet d’avoir un contenu et / ou des personnes qui sont en adéquation avec ce qui a été sélectionnés. Une pauvreté de l’esprit qui se retrouve, dans la foulée, entièrement ciblé numériquement ;
  • Il est prédit une “datastrophe” (catastrophe + data) en 2028 en France via une ex-filtration nationale de l’ensemble des données du e-citoyen français qui conduira à l’élection d’un parti qui exploitera d’anciennes méthodes pour juguler les ingérences, par individu. Des “psyOps” seront opérées (Opérations Psychologiques) par des cellules spécialisées pour remettre dans le droit chemin ceux et celles jugés “récalcitrants” à l’ordre sociétale général ;
  • Autre sujet : la “vaccination” numérique qui se fera à travers une “désinformation vertueuse” pour convaincre le citoyen lambda qu’il est sécuritairement nécessaire d’activer ou d’adopter telle fonctionnalité. Par exemple, la nécessité d’acquérir une “immunité collective numérique” pour mettre un terme définitif aux risques cyber-sécuritaires (piratage). Des lors, en douceur, l’Etat pourrait, en addition, exercer des droits de refus d’indemnisation avec une explication ludique pour indiquer en quoi il y a refus et en quoi il n’y aurait pas eu refus si le contribuable avait fait des actions préalables différentes ;
  • Dans ses conclusions, la CNIL émet fortement une recommandation à appliquer dès maintenant et longuement réclamées par bon nombre d’internautes et d’entités du Net : intégrer, enfin, la question de l’éthique, au sein de documents mais aussi dans la réflexion pour éviter, tout simplement, que se système ne s’affaisse sur lui-même, y compris pour ceux qui en tirent un profit non-négligeable.

 

 

XxX Home sour Home XxX

 

L’aspect IoT est évoqué dans cet ultime grand axe.

 

  • Actuellement et depuis 2020, la CNIL relate un effet de “smartification” (smart : connecté). La vie humaine traditionnelle est propulsée par cet aspect du numérique alors que cela devrait être l’inverse : alors-même que la technologie se développe très vite pour fournir des solutions humaines sécurisées ou utilitaires (montres, TVs, caméras de surveillance, Thermomètre connecté…), là aussi, l’aspect éthique est totalement absent, ce qui fait évoluer la population humaine vers un nouveau genre de mode de vie dont, parfois, on ne maîtrise pas grand chose (les failles sécuritaires étant un exemple assez vivaces), même avec les paramètres les plus sécurisés. Le réseau (connectivité, accès) implique un accès incertain quand au verrouillage serein de la donnée ;
  • D’ici 2032, bruits, notifications, sons seront la tendance (peu importe la catégorie socio-professionnelle) globale pour surveiller ou visualiser presque tout. Une corporation du nom de Datome est fictionnée via un contrat d’exclusivité signé par un particulier lambda pour tester des produits de l’entreprise tout en faisant confirmer (contre rémunération) au consommateur qu’il n’utilisera pas des produits concurrents. Nouveaux produits et avantages seront au rendez-vous pour l’ensemble de la maisonnée qui a préféré décider de la manière de monétiser sa data (donnée) personnelle et sensible : de manière unique, centralisée plutôt que de les voir disséminer aux quatre coins de l’Internet. Le monopole ne devient plus un vilain mot mais un véritable article ou pack commercial revendiqué par les entreprises qui n’ont plus besoin de s’en cacher, étant donné que le passage au numérique a été, depuis longtemps, finalisé ;
  • Le télé-travail se généralise mais s’accompagnent de missions en plus (qui peuvent ne rien à voir avec l’activité principale du salarié) pour alimenter une intelligence artificielle au détour d’un cours de cuisine… quand on a aucune notion de cuisine ;
  • Côté vie privée, là aussi, la donnée ex-filtrée (puisque consentie depuis des années : généralisation de la numérisation sur tout le pays voire le globe) peut quand même être jugulé par les habitants en décidant qu’elle soit effacée une fois par jour et une fois que celle-ci est “utilisée” par le service ou la corporation en question. Bien évidemment, la résistance résidera toujours, également, ici : les catégories socio-professionnelles plus privilégieront un effacement en manuel via le “grand oubli” qui consiste à regarder toutes les données exploitées ou utilisées par ces entreprises pour, au besoin, en conserver certaines tandis que les autres sont effacées, pour une journée donnée. Les fameux dossiers ou “pièces à conviction” s’assiéront sur ce type de preuves, notamment lors de conflits familiaux qui ne manqueront pas d’égayer les repas de fin d’année (encore plus) ;
  • 2039 : avènement d’un “quota numérique“, qui permettra de limiter l’usage de la bande-passante par foyer ou individu, à des finalités écologiques. Suivant les moyens, des “crédits” pourront s’acheter pour augmenter ce quota et qui sera vue par certains comme le “droit à polluer” (les amendes-entreprises qui préfèrent payer plutôt que respecter, par exemple, les zones maritimes en déversant du fioul ou des déchets des navires…) ;
  • Santé : la souche de la COVID(19) évolue avec une évolution de la vie logistique numérique. La COVID27 amène la disposition d’un CHO (Chief Home Officer), un homme ou femme artificiel(le) qui se chargera de faire presque tout dans maison. Un esclavage moderne remis entre les mains d’être synthétiques ou artificiels et qui ira jusque dans la veille de de la donnée numérique liée au foyer. Moyennant une réduction, une autre famille coachera, en arrière-plan, l’ensemble pour assurer les retours techniques et fonctionnels du CHO : entre les lignes, l’automatisation des tâches est, en réalité, assurée par la bienveillance d’autres humains qui contrôlent indirectement le foyer de quelque d’autre ou d’un autre foyer.

 

Bien évidemment, tout cela n’est pas encore arrivé mais il paraît plus qu’intéressant de se questionner sur la place de la technologie à une heure où elle semble prendre un élan voire un envol assez évident. “À destination des administrations publiques et acteurs sociaux, des régulateurs et législateurs, des concepteurs et développeurs de services, ces questions invitent à considérer et anticiper l’évolution des inégalités et la manière dont elles impactent notre vie privée et nos libertés. Nous souhaitons que ces questions spéculativo-critiques contribuent à faire vivre cette exploration au-delà de ce seul document“, finalise la CNIL ; sélection de ces questions :

 

  • De quelle manière l’évolution de la fragmentation territoriale pourrait-elle conditionner les futurs usages et pratiques numériques ?
  • Quel poids pourraient avoir les crises climatiques et environnementales et donc leurs conséquences sociales, dans l’utilisation de services numériques publics comme privés ?
  • Est-il toujours opportun de mettre en place un algorithme, un système apprenant ou un usage numérique pour répondre à une problématique publique ou sociale ?
  • Comment l’accélération de l’automatisation pourrait-elle améliorer ou affecter l’accès aux droits sociaux ? La gestion et la protection de la vie privée ?
  • Quels enjeux et quelles perspectives pourraient ouvrir la mise en place d’un droit étendu de la vie privée pour nos compagnons non-humains (animaux et végétaux) ?

 

 

Dans le cheminement qui a mené à cette numérisation totale, la curiosité de l’être humain mais aussi, entre-autres, une “co-évolution des humains et des machines“. N’en déplaise à ceux et celles affectionnant les critiques envers le jeu Cyberpunk 2077, l’histoire numérico-apolyptique semble(ra) se répéter… A suivre ?

 

 

 

Source : CNIL – Terre 2030 : simulations et réflexions numériques autour des libertés et de la vie privée (Antoine Courmont, Régis Chatellier, Martin Biéri – Lab. Innovation Numérique de la CNIL – en partenariat avec les studios Casus Ludi et Design Friction, Chronos, Daniel Kaplan et “une équipe spécialiste de la mobilisation des imaginaires et du design-fiction).




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