Actualités

“Le passage au refroidissement liquide apporte un état d’esprit semblable à la loi de Moore” : de l’art de refroidir des datacenters… à 50 degrés Celsius ! (liquide de réchauffement…)

Tout comme les datacenters du Crédit Agricole, Microsoft met une huile ou un fluide pour refroidir les ardeurs de ces solutions-serveurs via un concept assez saugrenue : refroidir les éléments en les maintenant à très haute température !

 

 

Les systèmes de refroidissement, que l’on connaît notamment dans le domaine culturel mais assurément très sérieux (puisque difficile à mettre en place de manière harmonieuse) du modding (personnalisation de terminaux fixes ou mobiles) ont une place cruciale : le water-cooling, un des exemples les plus évocateurs dans ce domaine, permettra de maintenir à une température acceptable ou optimale l’ensemble des pièces intégrées, surtout quand ces dernières viennent assiéger le système en ressources graphiques, entre-autres. Une option non-facultative donc qui permettra, par la même occasion, d’éviter de construire, littéralement, une bombe en puissance.

C’est dans ces grandes lignes que pourrait se résumer ces méthodes de refroidissements à destination des datacenters : concernant Microsoft, l’idée n’est pas d’aller chercher du fréon ou du froid mais bel et bien une chaleur via l’immersion des bêtes dans un bain de “fluides” à quelques 50 degrés Celsius. “Contrairement à l’eau, le fluide à l’intérieur du réservoir en forme de canapé est inoffensif pour les équipements électroniques et conçu pour bouillir à 122 degrés Fahrenheit, 90 degrés plus bas que le point d’ébullition de l’eau. L’effet d’ébullition, qui est généré par le travail effectué par les serveurs, évacue la chaleur des processeurs informatiques qui travaillent. L’ébullition à basse température permet aux serveurs de fonctionner en continu à pleine puissance sans risque de panne due à une surchauffe. À l’intérieur du réservoir, la vapeur qui monte du fluide bouillant entre en contact avec un condenseur refroidi dans le couvercle du réservoir, ce qui fait que la vapeur se transforme en liquide et pleut de nouveau sur les serveurs immergés, créant un système de refroidissement en boucle fermée“, indique le billet explicatif, en date du 6 Avril 2021, mentionnant ainsi le procédé de refroidissement “en deux phases dans un environnement de production“, ajoute l’ingénieur matériel principal de la section du développement avancé des datacenters à Redmond (Washington), Husam Alissa, au sein de Microsoft.

Plus encore, ce type de thermo-ingéniérie s’est calé face aux besoins croissants de ces centres de données extrêmement gourmands en terme d’électricité (150 W à 300 W pour les CPUs contre 700 W pour les GPUs) ce qui a entraîné un besoin accrue de refroidissements de leurs composants alors-même que ces derniers étaient sous la coupe des constatations de la loi de Gordon Moore qui, dès 1965, a schématisé jusque dans les années 2010 un doublement des vitesses des micro-puces dont le nombre de transistors ne cessaient d’augmenter. Un rapport qui a commencé à se stabiliser il y a quelques années avec l’évolution du traitement de la donnée, notamment à l’échelle atomique ou quantique ce qui a basculé ces modèles économiques dans des solutions Cloud et / ou assistées par de l’intelligence artificielle. “Le refroidissement liquide nous permet d’accroître la densité et de poursuivre ainsi la tendance de la loi de Moore au niveau du centre de données“, explique Christian Belady, ingénieur et vice-président de la section du développement avancé des datacenters à Redmond, au sein de Microsoft.

Dans les voitures ou encore l’industrie de la crypto-monnaie exploitent déjà cette technologie que Microsoft a adapté pour ses centres de données, ce qui a permis une réduction d’énergie estimée entre 5 % et 15 %. Le fluide bi-phasé a été conçu en partenariat avec Wiwynn, spécialisé dans la conception et la fabrication de ce type de composants. Les datacenters du Quincy testent actuellement ce produit reposant sur une solution technique 3M. A terme, cela permet de gérer sans soucis, indique Microsoft, des pics ou puissance de données (overclocking) “sans risque de surchauffe“. Un exemple est donné avec Teams qui, suivant l’heure où l’utilisateur à laquelle il se connecte, ce dernier peut éprouver des difficultés de connexion. Pour le futur, la solution bi-phasée permettrait de rallonger la longévité des composants tout en envisageant un emplacement-site des serveurs dans des zones reculées ou difficiles d’accès. Microsoft évoque le projet Natick (qui repose sur un système de refroidissement à base “d’air azoté sec” : étant donné que ce fluide semble, théoriquement, cocher peu de case en matière d’écologie, gageons que l’entreprise exclue l’option sous-marine pour stocker ses serveurs imprégnés d’huile technique dont les dégâts, avec les marées noires, viendraient assombrir encore plus l’éco-système maritime. Microsoft évoque “les prochains mois” pour parfaire de nombreux autres tests… A suivre !

 

 

 

Source : Microsoft – 6 Avril 2021 – Datacenters : solution bi-phasée (Wiwynn) pour refroidir, à chaud, les serveurs (en cours d’expérimentation).




  • 50% J'apprécieVS
    50% Je n'apprécie pas
    Pas de commentaire

    Laisser un commentaire

    ;) :zzz: :youpi: :yes: :xmas: :wink: :whistle: :warning: :twisted: :sw: :sleep: :sg1: :schwarzy: :sarko: :sante: :rollol: :roll: :rip: :pt1cable: :popcorn: :pff: :patapai: :paf: :p :ouch: :oops: :o :non: :na: :mrgreen: :mdr: :macron: :love: :lol: :kissou: :kaola: :jesuisdehors: :jap: :ilovesos: :idea: :houra: :hello: :heink: :grumpy: :fume: :frenchy: :fouet: :fouet2: :first: :fessee: :evil: :dispute: :demon: :cryy: :cry: :cpignon: :cool: :cassepc: :capello: :calin: :bug: :boxe: :bounce: :bluesbro: :bisou: :babyyoda: :assassin: :arrow: :annif: :ange: :amen: :D :??: :?: :/ :-| :-x :-o :-P :-D :-? :-1: :+1: :) :( 8-O 8)

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    Copyright © Association SOSOrdi.net 1998-2021 - v1.7.2