"Ce contrat concerne les terminaux, pas les données" : le régulateur Européen entame une enquête relative au rachat de Fitbit par Google !

Bruxelles passe à la vitesse supérieure : alors que l'enquête antitrust perdure toujours aux États-Unis, l'un des quatre acteurs technologiques se voit, dans la foulée, visé par une enquête européenne. Il s'agit de Google et de son futur rachat de Fitbit, entamé le 1er Novembre 2019, dont la légitimité, en terme de contrôle de données, est remis en cause...

 

 

Dans un communiqué du 4 Août, la Commission Européenne explique ouvrir une "enquête approfondie pour évaluer le projet d'acquisition de Fitbit par Google". Le rachat-même est donc remis en cause via un supposé sapage concurrentiel pour permettre une position dominante de la firme de Mountain View, notammnet "sur les marchés de la publicité en ligne".

Plus encore, les données qui transitent par ces terminaux nomades connectés (montre, accessoires de santé...) inquiète la vice-présidente exécutive gérant la politique de concurrence au sein de la CE, Margrethe Vestager. Le service "Ad Tech" a ainsi été mis en relief, au cours d'une première enquête préliminaire (menée avec le Comité Européen de la protection des données et des autorités de la concurrence dans différents pays) : face à cet amas de données, la concurrence aurait du mal à s'y retrouver dont les "annonceurs et éditeurs qui seraient confrontés à des prix plus élevés et auraient moins de choix".

 

Le régulateur se penchera notamment sur une éventuelle "incitation à dégrader l’interopérabilité des appareils portables" de la concurrence sous Android. En Juillet dernier, Google a tenté, en vain, de montrer patte blanche via la "création de silos de données" pour faire un distinguo virtuel entre les terminaux accueillant la donnée et ceux l’émettant ; insuffisant pour la Commission Européenne, estimant que le champ d'action "ne couvrait pas toutes les données auxquelles Google aurait accès". Prochaine étape : le 9 Décembre 2020, date à laquelle Margrethe Vestager rendra son verdict.

"Cette offre concerne les appareils, pas les données. Nous avons clairement indiqué dès le début que nous n'utiliserons pas les données de santé et de bien-être Fitbit pour les annonces Google. Nous avons récemment proposé de prendre un engagement juridiquement contraignant auprès de la Commission européenne concernant notre utilisation des données Fitbit. Comme nous le faisons avec tous nos produits, nous donnerons aux utilisateurs de Fitbit le choix de consulter, déplacer ou supprimer leurs données. Et nous continuerons à prendre en charge une connectivité et une interopérabilité étendues entre nos produits et ceux d’autres sociétés", affirme de manière bienveillante Google, au sein de son communiqué du 4 Août dernier... A suivre !

 

 

Source : Europa - 4 Août 2020 - Fitbit + Google : enquête approfondie sur le transit des données (risque potentiel de monopole du marché connecté).