Harcèlement, remarques déplacées, agressions morales : Ubisoft dans la tourmente !

Fait malheureusement non-nouveau, le harcèlement se tapis au quotidien, dans l'ombre, notamment au travail où bon nombre d'hommes et de femmes subissent au quotidien une flopée de remarques douteuses en raison, simplement de leur genre masculin ou féminin : des révélations de Libération point du doigt ces excès verbaux et moraux en mettant en lumière le quotidien de certain(e)s employé(e)s au sein d'Ubisoft...

 

 

Information détaillée librement par Gamergen, on apprend ainsi les remarques et le harassement quotidien subies par les employés d'un des leaders du secteur du jeu vidéo : en ligne de mire, Tommy François, chargé de la section éditoriale de l'entreprise, à Montreuil. Derrière les sourires de façade, résiderait un homme aux manières peu éthiques professionnellement en faisant constamment des allusions sexuelles ou à peine voilées, dans chaque conversation, réunion ou échanges avec d'autres employé(e)s. Il s'agit-là de la technique classique de harcèlement : tout en riant, persuader la victime que, finalement, c'est elle qui a un problème ou qui ne sait pas rire...

Quelques extraits sont ainsi dévoilés, selon les témoignages courageux de certains membres du personnel (attention, propos choquants pour le jeune public ou les âmes sensibles ;-)) :

 

Tommy François,
responsable de la ligne éditoriale au sein d'Ubisoft.

 

  • "C'est le genre à jouer à chat-bite avec ceux qui travaillent pour lui ou à écrire au feutre sur le bras des stagiaires. Un été, une collègue est venue en robe, il a balancé à haute voix : « Ah, excusez-moi, il faut que j'aille me masturber ! ». À une autre, en jupe, il suggère de faire le poirier. Ce qui est très pervers, c'est qu'on est dans la culture du cool. Tout ça, ce n'est qu'une blague, il faudrait qu'on ne le prenne pas mal" ;

  • "Quand est-ce qu'on fait l'amour ? Dans quelle salle de réunion ? Où est-ce que c'est planifié dans ton agenda ?"

 

Comme pour la plupart des entreprises ou start-up, le marché du jeu vidéo souffriraient néanmoins bien plus de ce harcèlement avec, en général, un rétropédalage au moment de passer au dépôt de plainte ; par peur de perdre son emploi mais aussi par peur, pour le futur, de se faire mal voir professionnellement. Une double-peine pour les victimes qui devraient, au contraire, être fortement entendues sur le point de vue légal. Selon les révélations de Libération, les ressources humaines chez Ubisoft auraient ainsi minimiser les remontés du genre pour conserver l'image de marque de l'entreprise.

Ubisoft continue à maintenir un ton consensuel mais nul doute que cela risque d'effriter indéniablement son jugement éthique en matière de relations inter-salariales. Selon le communiqué officiel, en réponse aux allégations, une "enquête" seraient en cours et des "mesures appropriées" seront prises en conséquence. Le "Boy's Club" de Tommy François (auto-proclamation, entre lui et ses collègues du genre) sont toujours des salariés actifs au sein d'Ubisoft... A suivre !

 

Source : Libération - 2 Juillet 2020 - Ubisoft : agressions sexuelles, harcèlements.