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Ethique, non-redistribution équitable des profits, exploitation de la crise : pratiques anti-concurrentielles à la loupe ! (BBQ party…)

Mercredi 29 Juillet, la commission du Congrès américain amorçait les auditions pour pratiques anti-concurrentielles : un évènement épineux pour Google, Apple, Amazon ou encore Facebook qui devaient se justifier, en groupe, sur plusieurs points ou aspects de leur politique de fonctionnement, au niveau des services exploités dans les plate-formes en ligne mais aussi sur leur manière de gérer financièrement respectivement ces derniers.

 

De gauche à droite : Mark Zuckerberg, Jeff Bezos,
Tim Cook et Sundar Pichai.

 

Et, autant dire qu’il ne s’agissait pas d’un simple entretien : pendant plus de 5 heures, chaque dirigeant a été, à distance, interrogé (Sundar Pichai, Tim Cook, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg) pour se justifier de certaines pratiques ou manière de gérer les entreprises d’un point de éthique et / ou financier. Pour rappel, tout comme à une certaine époque avec Microsoft, il s’agit de déterminer, dans les grandes largeurs, si certaines pratiques n’outrepasse pas le droit commun (américain) ainsi que certains principes éthiques ou moraux. Voici, de manière synthétique et de manière non-exhaustive, les points abordés :

 

 

Google

 

  • Selon un rapport annuel de Google retraçant les années 2004 à 2019 : on remarque une courbe haute et une courbe nettement basse : il s’agit, d’une part et respectivement, les revenues obtenus par les services de la firme contre, d’autres part, ceux issus d’entreprises ou entités n’appartenant pas à la firme. Si redistribution indéniable il y a, en revanche, la répartition ne semble pas du tout équitable ou, du moins (la compétitivité entre entreprises est là pour maintenir un marché sain sur un segment ou marché donné, avec un écart à ce niveau, fatalement) en nette déperdition pour peu que l’on ne soit pas rattaché au groupe. Ainsi en 2019 la part des revenus reversés à ces entreprises par Google a été sous la barre des 25 %… contre environ 77 % pour la firme de Mountain View.

 

 

Apple

 

  • Selon un contrat relatif aux applications issues de développeurs, selon certains passage surlignés de près par la commission, on peut lire qu’Apple joue un double-jeu dangereux : celui, d’un côté, d’interdire les doublons d’applications ou les applications ainsi dupliquées tout en les présentant comme entité unique tout en se permettant, d’un autre côté, d’élargir son champ d’applications (pour le coup) “licence, marché, promotion ou produits / logiciel / technologies distribuées qui effectuent des fonctions identiques ou similaires” tout en permettant de rivaliser avec d’autres “produits / logiciel / technologies que (ndlr : le développeur) pourrait concevoir, produire ou distribuer“. L’accord précise “qu’en l’absence d’un contrat d’agrément écrit édictant le contraire“, le principe résidera dès l’accord dudit contrat ;

 

  • Nerf de la guerre mobiles, les applications pour Apple sont un véritable levier financier et populaire : un aspect qui pousserait la pomme verte à étirer ses contrôles bien au-delà du cadre concurrentiel ou éthique, en anticipant par excès de zèle (?) ou volontairement certains ajouts d’applications dans le catalogue du store. Cela donne des décisions stratégiques assez coquasses avec, au final, une application tiers lésée puisque non-incluse dans le store alors qu’il n’y a, à priori, aucune raison valable légalement, sécuritairement. Des applications proposant une alternative à ScreenTime (Apple) ont ainsi été retirés ; ou encore un traitement de faveur a été accordé via un service “App Review Fast Track” à Baidu ;

 

  • Autre sujet sensible que celui des commissions : en Avril dernier, 9to5Mac mettait en lumière des pratiques douteuses. En effet, certains médias ou groupe de presse réussissent à monnayer la part des 30 % dûe au titres des contenus ou applications publiées sur les plate-formes ou store d’Apple. Une information qui était au conditionnelle, faute de preuves tangibles mais qui semble s’être incarné au cours de l’audition avec une méthode à l’ancienne : “laisser l’argent sur la table“. Il peut s’agir d’une expression ou d’une plaisanterie lors des échanges d’affaires mais l’on lit clairement, textuellement, un échange pour marchander un rabais sur cette commission qui ne bougerait pour personne, selon le discours officiel d’Apple.

 

Amazon

 

  • De manière ciblée, le webmarchand n’hésiterait pas à affaiblir ses concurrents “quoiqu’il en coûte“. Les échanges montrent une stratégie qui va au-delà de la simple recherche d’innovation ou de concepts pour augmenter des PDMs. Diapers.com a ainsi été pris dans ce sens via une dévaluation de l’entité : “cela ralentira l’adoption l’adoption de soap.com“. Pour rappel, diapers.com était un détaillant revendeur de produits de puériculture en ligne mais a du fermer ses activités en 2017. Soap faisait parti de Diapers et a donc subi le même sort.

 

Facebook

 

  • Concernant le dirigeant de Facebook, il s’agit d’un mail qui incrimine Mark Zuckerberg qui lance un “Ouais, allons-y” dans une lettre proposant de jauger “l’engagement des utilisateurs” avec des concepts de données (télémétrie probablement derrière ?) reposant sur “ami” ou “ennemi“. ;

 

  • Instagram est en train de manger notre repas” : en 2012, Facebook acquiert l’entreprise. Ces échanges datent de cette époque : si les fondateurs originels sont partis explorer d’autres contrées en Septembre 2018, il apparaît regrettable, au final, de ne pas avoir conserver, tout simplement l’entité sociale, malgré les sommes mirobolantes proposées. Une faiblesse qui a permis à Facebook de s’acheter la start-up et d’évincer, dans la foulée, un concurrent de plus qui avait un potentiel indéniable ;

 

  • Toujours concernant Instagram, sa filiale, les visites sur son application explosent les scores en variation “semaine par semaine” et “mois par mois“, face à une concurrence qui peine, au mieux et pour ses statistiques, à frôler (dans le domaine des applications sociales ou communautaires) les 11 % : 1765 % (variation sem. par sem.) et 9181150 % (mois par mois). Des données exacerbées qui montrent un étouffement concurrentiel, ce qui laisse difficilement la place, même avec de gros moyens, à un contre-balancement pour Pinterest, Foursquare, Netflix. La presse enregistre au mieux 154 % pour “the independant” (variation sem. par sem.)… -30 pour la même entité médiatique, en variation mois par mois. A ce stade, même le concept de nom et / ou de réputation ne suffit plus ;

 

  • L’étude concurrentielle pour WhatsApp ou de manière générale est assez acide : certains échanges montrent des stratégies assez crues (ce qui n’est pas illégal en soit) mais la recherche d’un “rapprochement” ou l’assurance que Facebook a d’être certain de pouvoir acquérir au besoin “n’importe quelle start-up compétitive” (y compris Google pour qui cela “prendra un moment“…) démontre, au minimum, une tendance à ignorer le cadre légal en matière de pratique concurrentielle. Pour rappel, pour éviter les situations de monopole, outre cette invitation du congrès américain visant à étude en profondeur la situation, des organismes régulent ou veille à ce qu’une entreprise ne puisse pas acheter (comme au monopoly, de manière grossière, en exemple) trop d’autres entreprises, pour simplifier afin de garantir un marché concurrentiel sain et libre. Ce genre de pensée, même apposée par mail et hors plaisanteries (?), ne va pas dans le sens légal, moral de ce principe. Cela relance, indirectement, une autre problématique : le cas de ces start-ups “licornes” dont les fondateurs ont comme rêve ou but de revendre leur concept au plus offrant quand il s’agirait, au contraire, de faire fructifier ou perdurer leur start-up pour créer, outre de la valeur ajoutée, une exploitation rentable.

 

 

Dans les notes de synthèse du Congrès Américain, il est souligné que la crise du COVID-19 a affecté bon nombre d’entreprises physiques et digitales dans le monde mais ces entreprises ne semblent, malgré tout, souffrir aucunement d’un point de vue financier et populaire (PDMs) : “Avant la pandémie COVID-19, ces entreprises se distinguaient déjà comme des titans de notre économie. Dans le sillage du COVID-19, cependant, ils sortiront probablement plus forts et plus puissants que jamais“… A suivre !

 

Source : Congrès américain – 29 Juillet 2020 – Google, Amazon, Facebook, Apple : 1ière audition pour analyses des pratiques anti-concurrentielles (antitrust).




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