5G : pas de bannissement total mais vers une exploitation limitée dans le temps pour Huawei, en France !

Alors que l'ANFR a confirmé au 3 Juillet "4 nouvelles station expérimentales" relatives à la 5G, la connectivité, outre les répercutions sanitaires (les ondes, expositions, notamment...), à peine amorcée, fait déjà parler d'elle : dernière sujet brûlant en date, le cas de Huawei dont l'issue semble difficilement positive. Selon les Echos, la France n'envisagerait pas un bannissement total mais une exploitation restreinte, dans le temps, pour les opérateurs mobiles exploitant déjà le réseau du fabricant chinois.

 

 

"Ce que je peux dire, c’est qu’il n’y aura pas un bannissement total. Les opérateurs qui n’utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y aller car c’est un peu le sens naturel des choses. Ceux qui l’utilisent déjà, nous délivrons des autorisations dont la durée varie entre trois et huit ans [...] Nous ne sommes pas dans du “Huawei bashing”, ni dans du racisme antichinois [...] Nous disons juste que le risque n’est pas le même avec des équipementiers européens, qu’avec des non-européens. Il ne faut pas se mentir", affirme sans détour Guillaume Poupard, dirigeant actuel de l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) tout en précisant brièvement mais clairement qu'en l'absence de nouvelle de l'Agence sécuritaire nationale française, cela s'inscrira en tant que refus.

 

De gauche à droite : rencontre au sommet entre le président des États-Unis Donald Trump et,
le président de la république populaire de Chine Xi Jinping.

 

L'annonce prend place au sein d'un contexte politique ultra-tendu : depuis 2019, Chine et États-Unis ne résonnent plus sur le même accord. En effet, le président américain Donald Trump a voulu dresser un mur technologique envers toutes entreprises étrangères pouvant "présenter un risque pour la sécurité nationale". En cause principalement, des risques potentiels de cyber-espionnage dont certains proviennent tristement et sans surprise de la Chine mais dont d'autres, peuvent provenir, en théorie, d'autres pays du globe... Une décision ferme qui perdurera au moins jusqu'en Mai 2021 et sauf revirement côté américain, entraînant ainsi la marche forcée, pour Huawei notamment, de concevoir ses applications homemade ainsi que son système mobile dédié.

Outre Huawei, le plan d'action de l'ANSSI semble déjà mécontenter les opérateurs affectionnant l'équipementier chinois : SFR et Bouygues Telecom. Ce dernier, par l'entremise de Martin Bouygues, envisagerait même une action en justice pour demander des dommages-intérêts à l’État, du fait qu'il s'agira d'un manque à gagner, en plus du surcoût que cela engendrera, logistiquement, de permuter sur d'autres antennes... A suivre !

 

Source : Les Échos - 6 Juillet 2020 - 5G : pas de bannissement total de Huawei pour la France.