iOS 13.5 : les fonctionnalités de traçage déployées par Apple et Google... Vers une application interopérable Européènne !

Depuis quelques heures, les propriétaires d'iPhone et de terminaux Android (Google), supportant la mise à jour, ont vu leur terminal mobile affublé de fonctionnalités de traçage pour lutter contre le Coronavirus. De son côté, la France mise sur un rassemblement Européen pour coordonner sa contre-attaque face au virus ; mais toujours à coup de tracking.

 

Le déploiement d'iOS 13.5 a été confirmé par Tim Cook depuis un tweet : "La technologie peut aider les responsables de santé à dire rapidement à une personne qu'elle a pu être exposée au COVID-19. Aujourd'hui, l'API Exposure Notification que nous avons créée avec Google est disponible pour aider les agences de santé publique à rendre leurs applications COVID-19 efficaces tout en protégeant la confidentialité des utilisateurs".

Tout comme en Chine où les mesures drastiques ont, semble t-il porté leur fruits, il s'agira d'avertir l'utilisateur s'il a été, donc, en contact ou à proximité d'une personne potentiellement positive au Coronavirus-19. De son côté, la France n'est pas en reste et - même si l'on observe progressivement, sans besoin réelle d'une application dans ce domaine, une baisse lente mais sûre des nombres de cas détectés - utilise le socle Européen pour préparer les fondements de StopCOVID, l'application de traçage mais propre à la France. En aparté, le couple franco-allemand investira à hauteur de 500 milliards d'euros dans le cadre d'un futur plan de relance Européen : il s'agira de prévoir - sorte de plan Marshall - une reconstruction économique après-coronavirus des pays Européens tout en aplanissant pendant un temps conséquent certains indicateurs fiscaux ou sociaux.

 

Si les pourparlers débuteront le 27 Mai prochain à l'Assemblée Nationale, les débats officieux ont déjà commencé sur le point épineux de la question éthique concernant une telle application. La Quadrature du Net souligne judicieusement que la data anonyme constitue, dans les faits, un paradoxe ou, au mieux, un principe difficilement tenable : "du moment que chaque alerte est envoyée à des personnes ciblées, le système n’est plus anonyme : trivialement, il suffit qu’un tiers (un patron, un conjoint, etc.) puisse consulter votre téléphone pour constater que vous avez reçu une alerte. Des chercheu·ses de l’INRIA ont produit une excellente liste de quinze scénarios de ce type, démontrant à quel point il était simple de lever ce prétendu « anonymat »".

 

Même son de clôche pour la CNIL qui émet un léger soubresaut sécuritaire : "si des précautions techniques sont prises pour minimiser la possibilité de  réidentification de la personne infectée par les personnes qu’elle a côtoyées et qui ont reçu l’alerte, ce risque, qui sera fonction du contexte, et notamment du nombre de personnes côtoyées durant la période précédant l’alerte, peut subsister et est à prendre en compte", indique le régulateur dans une délibération relative à StopCOVID le 24 Avril dernier... A suivre !

 

Source : Quadrature du Net - 27 Avril 2020 - StopCOVID : question de la vie privée et de la data.