Géolocalisation : sous couvert de la lutte contre le Coronavirus, huit opérateurs mobiles vont partager les données-utilisateurs !

En plein Etat d'urgence sanitaire, la France ainsi que bon nombre de pays qui l'entoure sur le globe, subit de plein fouet la vague du Coronavirus (COVID19). En plus des mesures d'hygiène et de précaution (une sortie = une attestation sur l'honneur - du Gouvernement français, en différents formats - remplie ou écrite - si aucun imprimante - sur papier libre avec les mentions obligatoires !) qui sont de rigueur, l'Europe a décidé d’entamer une offensive franche, quitte à malmener quelque peu certains aspects du RGPD, indirectement : l'autorisation d'exploiter la géolocalisation-utilisateur en la collectant à travers divers acteurs du secteur mobile.

 

 

Orange, Vodafone, Deutsche Telekom, Telefonica, Telecom Italia, Telenor, Telia et A1 Telekom Austria concéderont ainsi à cette collecte de donnés, sans qu'il n'y ait un conflit avec le fameux RGPD, ce dernier étant jugé "suffisamment flexible" dans ce contexte, estime Wojciech Rafał Wiewiorowski, représentant de l'EDPS (European Data Protection Supervisor ou, françisé "Contrôleur Européen de la Protection des Données").

Dans ses recommandations, le régulateur Européen recommande de veiller à une "anonymisation efficace" qui ne se contenterait pas uniquement d'une "simple suppression des identifiants évidents tels que les numéros de téléphone et les numéros IMEI". Démarche "reconnue comme extraordinaire",  il est confirmé, du moins officiellement, "que les données obtenues des opérateurs mobiles soient supprimées dès la fin de l'urgence actuelle". En outre, si un avenant à ce processus devait être effectué, il faudrait, à nouveau, consulter le superviseur Européen avant d'allonger automatiquement l'étendue - période - de cette collecte de données.

 

Hier, dans le cadre d'une interview, Europe 1 recevait le DG d'Orange, Stéphane Richard, qui se voulait rassurant sur une telle démarche à l'échelle Européenne : "Il ne s'agit pas de vos contacts, de vos photos, des sites que vous regardez. Il s'agit de métadonnées [...] Les données seront stockées un an [...] ces paquets sont totalement effacés [...] Il n'y aura pas de surveillance des personnes contaminées". L'opérateur mobile avait officialisé le 23 Mars, un partenariat avec l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) afin d'optimiser les "données de géolocalisation anonymisées, pour mieux suivre les mouvements de la population en France pendant la pandémie" : tout comme l'INSEE, Orange collectera des données pour obtenir des "indicateurs statistiques" et apprécier une vue d'ensemble entre avant et après le confinement, les flux migratoires dans le pays ou encore - tenter de - prédire d'éventuels nouveaux pics de contamination pour aider, notamment, les services de santé qui sont grandement en souffrance humaine et logistique. Selon Reuters, d'autres pays auraient succombé à ce pistage estimé nécessaire, comme la Corée du Sud, la Russie et Israël... A suivre !

 

Source : Reuters - 25 Mars 2020 - Coronavirus : collecte de données (géolocalisation) autorisée par l'Europe pour 8 opérateurs téléphoniques en France.