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5G : mais où en est la France ? (ondes résiduelles…)

Si certain(e)s émergent à peinent des fêtes de fin d’année ou se tâtent encore pour savoir si la 5G est déjà parmi nous à notre insu, le verdict apparaît évident : un mini-récapitulatif s’impose !

 

 

Au 18 Décembre 2019, un peu avant Noël, le Gouvernement valide le fameux cahier des charges soumis par l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques, des Postes et de la distribution de la presse) en vue d’attribuer les futures fréquences relatives à la 5G (bande 3,4 – 3,8 GHz).

Moyennant “70 millions d’euros par bloc de 10 MHz” contre “350 millions d’euros par bloc de 50 MHz“, les opérateurs mobiles sont, depuis, en pleine course contre la montre pour tenter de disposer dans les premiers d’offres ou de smartphones 5G exploitables. Pour rappel, les demandes sont encore possibles jusqu’au 25 Février prochain pour un démarrage de la criée technologique (enchère) “3 semaines après la publication de la liste des candidatsretenus par l’ARCEP. Une fois les fréquences attribuées seront exploitables à partir du 1er Juillet 2020 ou du 1er Juillet 2021 “selon les départements”, est-il précisé dans le communiqué officiel de l’autorité française. “C’est une vraie logique de service public que nous portons pour les territoires. Ces engagements de couverture en 5G sont bien plus ambitieux que dans d’autres pays européens et constitueront à l’avenir un élément fort de la compétitivité de notre pays“, annonçait en Décembre dernier la secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher ; Voilà pour les faits.

 

Dans la réalité, il a fallut que les opérateurs composent avec la loi 2019-810 publiée au JO le 2 Août 2019 et “visant à préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l’exploitation des réseaux radioélectriques mobiles“. Dans les grandes lignes, il faudra obtenir une “autorisation préalable” du Premier Ministre pour installer tout équipement relatif à la 5G. L’ensemble du texte est assorti de toute une kyrielle de vérification ou d’autorisation du même acabit pour les étapes intermédiaires ; cela peut même aller jusqu’au Conseil d’Etat, sur avis de l’ARCEP avec une décision prise “dans un délai d’un mois à compter de leur saisine“. Enfin, la loi est applicable rétroactivement depuis le 1er Février 2019, ce qui signifie que potentiellement les dispositifs installés jugés contraire à cette loi seront tout simplement écartés physiquement : les opérateurs ont du se mettre en conformité depuis la promulgation de la loi, ou bien, ont eu un délai de “deux mois pour déposer la demande d’autorisation préalable“. D’ici le 1er Juillet 2020, un premier constat sera fournie par le Gouvernement à ce sujet.

 

Derrière ce dispositif réside une véritable polémique qui enfle depuis quelques temps : surnommée “loi anti-Huawei”, cette dernière s’articule autour d’un conflit tendu entre les Etats-Unis qui ne semblent pas, depuis le 15 Mai 2019, vouloir pactiser économiquement avec la Chine dont Huawei. En effet, à coups de taxes douanières et menaces d’augmentation de seuil-limite d’exportation sur la propriété intellectuelle, la politique du Président américain Donald Trump a progressivement bannit des entreprises comme celles de Huawei en raison d’une menace potentielle pour la sécurité national du pays. Entre-autres, des soupçons de cyberespionnage… des preuves que posséderaient les Etats-Unis qui les auraient communiqués au Royaume-Uni ainsi qu’aux Pays-Bas : il s’agirait de porte-dérobées, que l’on retrouverait également au sein de la loi anti-Huawei mais pour des fins logistiques ; et utilitaires (?).

C’est donc sur fond de polémique, malgré un premier accord signé avec les Etats-Unis, que des entreprises Chinoises telles que Huawei se voient refuser des marchés ou contrats. Malgré un recours en justice récemment rejeté par le tribunal fédéral du Texas (qui a incliné en faveur des Etats-Unis : l’interdiction n’était pas anti-constitutionnelle), c’est à présent en France que Huawei devrait vraisemblablement affronter la grogne par l’entreprise de la loi sur la sécurité des réseaux et équipement radioélectriques mobiles.

 

Martin Bouygues,
actuel PDG du groupe Bouygues.

 

Une grogne que commence, par ailleurs, à partager certains opérateurs mobiles : c’est le cas de BT (Bouygues Telecom) ou, plus précisément de Martin Bouygues, actuel PDG du groupe. Le nœud du problème réside dans le fait que Huawei constitue un des partenaires ou fournisseurs majeurs au sein de l’entreprise. En effet, alors que la 5G se dessinent, tout comme SFR, BT avaient, malgré la polémique depuis l’an dernier, continuer à déployer des solutions intégrant Huawei matériellement (smartphones, équipements…) en espérant que l’affaire se soit tassé entre-temps ; mais cela n’a pas été le cas : “quelle que soit la décision de l’État, nous sommes là pour respecter les règles. Mais il ne peut y avoir d’impact financier du fait de décisions qui ne nous appartiennent pas, ni de déséquilibre de la concurrence, nous allons y veiller […] je vous rappelle qu’on a du Huawei dans les réseaux fixes chez les quatre opérateurs français, et que c’est une part majeure de leurs installations même si personne n’en parle. Il y a aussi du Huawei dans les futures voitures PSA, ainsi que chez Ericsson et Nokia, beaucoup… Le truc s’arrête où ?“, affirmait-il sans préambule lors de la conférence annuelle du groupe à l’occasion de la diffusion des résultats et bénéfices annuels.

 

Quant à la Chine qui a eu, bien sûr, vent d’éventuelles rumeurs de refus de partenariat franco-chinois en vue du déploiement prochain de la 5G, elle ne cache pas son désappointement en la matière, dans un communiqué officiel du 9 Février dernier et émanant de l’Ambassade de Chine : “nous comprenons parfaitement les préoccupations de la part d’un pays souverain quant à la sécurité des réseaux 5G. Mais encore faut-il qu’elles soient fondées sur des bases scientifiques et la réalité des faits, et que les mesures prises soient proportionnées […] Cela va à l’encontre des principes de l’économie de marché et du libre commerce. La Chine a toujours accordé un traitement équitable à Nokia et Ericsson dans le déploiement des réseaux 5G en Chine et les a même autorisés à prendre part au déploiement du cœur des réseaux. Nous ne souhaitons pas voir le développement des entreprises européennes dans le marché chinois affecté à cause de la discrimination et du protectionnisme de la France et d’autres pays européens à l’égard de Huawei“.

 

Source : Dan Piraro

 

Des palpitations et inquiétudes compréhensibles (qui rappellera, sans doute, l’introduction de la branche mobile de Free en 2012, via l’annonce des forfaits mobiles à prix cassés) pour Bouygues qui devrait, toutefois, composer avec un autre obstacle : les effets de la 5G sur la santé. Depuis le 27 Décembre 2019, les associations “agir pour l’environnement” et “PRIARTEM” ont entamé une procédure de recours devant le Conseil d’Etat pour alerter sur de potentiels dangers sanitaires de la 5G qui aurait manqué d’analyses et de rapports sur le sujet, concernant les conséquences d’ondes notamment quant à ces antennes censés déployés un débit bien plus important que la 4G : “on sait déjà que le déploiement de la 5G augmentera la consommation électrique, évaluée par certains experts à 10 TWH, soit l’équivalent d’une centrale comme Fessenheim ainsi que l’exposition aux ondes de la population avec la multiplication par 8 selon l’ANFR du nombre de points atypiques – supérieurs à 6 V/m“, alerte Sophie Pelletier, Présidente de PRIARTEM… A suivre !




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