Débit d’absorption spécifique (DAS) : recommandations de l'ANSES sur les smartphones trop près du corps !

Le 21 Octobre 2019, l'ANSES (l'Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'Environnement et du travail) a publié un rapport concernant les effets indésirables liés au DAS des smartphones et terminaux mobiles. Datant de Juillet dernier, l'expertise a portée sur l'étude de sujet entre le 1er Janvier 2012 et le 31 Décembre 2016 avant d'en étudier la teneur, via cette synthèse d'un peu plus de cents pages, entre le 15 Février 2018 et le 17 Avril 2019.

 

 

"L’ANFR a réalisé, entre 2012 et 2016, des mesures de DAS tronc complémentaires, à une distance réglée à 0 mm du corps d’une part, et à 5 mm d’autre part. Ces mesures, qui s’affranchissaient de la distance d’éloignement prévue par les constructeurs, ne rentraient pas dans le cadre normatif. Elles étaient cependant représentatives de certaines situations d’exposition réalistes et ont permis d’identifier des DAS tronc supérieurs à 2 W/kg pour certains téléphones mobiles", explique l'Agence nationale Française  qui en a profité pour rappeler l'existence, depuis le 13 Juin 2016, de la directive RED (ex-R&TTE qui permettait, à l'époque, de laisser libre-choix au fabricant pour imposer son DAS-limite à un terminal ou appareil électronique donné...). Dans le rapport, il est notifié que celui-là même viendra en complément du rapport publié en 2016, concernant les radiofréquences des appareils du genre sur les enfants.

 

(Source : ANFR.fr)

 

Entre 2012 et 2016, 409 smartphones ont ainsi été étudiés (y compris, donc, pendant la période ou l'ancienne directive R&TTE était appliquée : l'ANSES souligne, de ce fait, que les fabricants pouvaient appliquer un DAS-limite jusqu'à 25 mm), permettant ainsi de comparer l'ancien DAS (0-25 mm, donc) avec l'actuel DAS de la directive RED dont 137 téléphones mobiles, parmi l'ensemble, ont été ainsi testés. Premier constat : sans surprise, le DAS-limite (2 W / Kg) n'est pas respecté depuis 2013, concernant 76 % des smartphones testés (206) à une distance du DAS-tronc nulle. Même constat pour les quelques 137 autres téléphones mobiles avec un DAS-tronc limité à 5 mm : si la marge reste plus minime que pour une valeur nulle du DAS-tronc, 18 terminaux mobiles  dépassaient la norme.

Les animaux ont aussi été étudiés via un DAS-moyen (corps entier) mais il s'avère qu'au-delà des 2 W / Kg il en résulterait plus de bien, paradoxalement et selon les dires de l'ANSES, que de mal, quand évidence scientifique il y a : vivant, les animaux-cobayes auraient, au-delà de 8 mois et pour un DAS entre 5 et 6 W / Kg, réduit certains effets de dégénérescence cellulaire (la maladie d'Alzheimer, notamment). Après étude in vitro de ces animaux-cobayes (morts, donc...), il s'avère qu'il n'y a aucune preuve scientifique pour étayer ces effets bénéfiques du vivant de ces animaux. L'étude, pour l'heure, ne prend position officiellement sur aucune preuve avérée ou tangible, tant pour l'animal adulte que jeune (souris, chien, chiot, chat, chatton...).

L'Agence nationale Française recommande aux fabricants d'appliquer (du moins eu Europe...) la directive R&TTE qui limite le DAS-tronc à 2 W / Kg ; un rappel à l'ordre que ne manque, d'ailleurs, pas l'ANFR de souligner - régulièrement - avec des mises en demeure ou avertissements, relatives à certains smartphones qui émettent des fréquences bien au-delà de la limite Européenne imposée. Les mises à jour et les manuels d'utilisation devront, donc, préserver le consommateur, en théorie, de toute interférence sanitaire du genre... A suivre !

 

Pour en savoir plus, un listing référençant les DAS-corps et DAS-tête par fabricant et modèle de smartphones : bfs.de.

 

Source : ANSES - 21 Octobre 2019 - DAS : téléphones mobiles (rapport Juillet 2019).