Skype et Cortana : Microsoft avoue à son tour espionner l'utilisateur à son insu ! (Spy learning)

Après ses concurrents, voici que Microsoft se met, à son tour, à table au sujet de la douloureuse question de la collecte de données ; Officiellement, "pour fournir et améliorer les services vocaux"...

 

 

S'il n'est d'aucun mystère que l'IA s'éduque sur une base existante, une fois encore, Microsoft a rejoint le club désormais bondé des entreprises high-tech qui préfèrent exploiter l'utilisateur en premier, quitte, après-coup, leur informer qu'ils l'ont été, ce qui permet, outre une économie salariale non négligeable, d'améliorer vitesse grand V ses outils de type deep learning ; des outils qui serviront par la suite ceux et celles exploités.

C'est en tout cas ce que met en lumière Motherboard, dans un article détaille du 7 Août. Les conversations sur Skype étaient ainsi épiées, des plus intimes aux plus généralistes, avec des pistes audios aux longueurs variables (très courtes comme très longues) et permettaient d’éprouver les fonctions de traduction mais, également, l'assistant vocal de Redmond, Cortana.

Ce dernier s'est, d'ailleurs, défendu en affirmant le faire dans un but vertueux et nécessaire : "Microsoft collecte des données vocales pour fournir et améliorer des services vocaux, tels que des services de recherche, des commandes vocales, de dictée ou de traduction. Nous nous efforçons de faire preuve de transparence lors de la collecte et de l'utilisation de données vocales afin de permettre aux clients de choisir en connaissance de cause quand et comment leurs données vocales sont utilisées. Microsoft obtient l’autorisation de ses clients avant de collecter et d’utiliser leurs données vocales".

Des personnes étaient embauchés pour parfaire ce travail et devaient peaufiner, au besoin, l'IA en proposant une version plus juste de ce qui était synthétiquement traduit. En ce qui concerne la fameuse "permission" dont Microsoft parle, cela a été sans doute intercalé dans les fameuses conditions d'utilisation mais, vraisemblablement, de manière peu ou prou explicite ce qui lui vaudrait en Europe, pensons-le, quelques ennuis éventuels concernant le RGPD.

 

En aparté, le 26 Juillet dernier, The Guardian révélait, également, une affaire semblable et qui concernait, cette fois, Apple et son assistant Siri : en effet, le journal forçait le pas à la pomme verte en mettant en exergue une absence totale de consentement pour l'utilisateur ainsi espionné. Tout comme les assistants vocaux concurrents, le but était d'améliorer l'IA en analysant les requêtes de Siri, y compris dans les moments intimes comme au quotidien... Bref, le smartphone aspirait tout le contenu vocal vers les serveurs Apple. Ce dernier a dû, par la suite, réagir publiquement : "pendant que nous effectuons un examen approfondi, nous suspendons l’analyse des conversations Siri au niveau mondial. De plus, dans le cadre d’une future mise à jour logicielle, les utilisateurs auront la possibilité de choisir de participer au programme". Enfin, concernant Google et son assistant Home, pour faire suite au régulateur Européen (Commission de la protection des données et de la liberté de l'information), l'écoute inopinée est stoppée pendant 3 mois sans plus de mots de la part du géant Américain en terme de modification des conditions d'utilisation ou même de la création d'un consentement explicite... A suivre !

 

Source : Motherboard (Vice) - 7 Août 2019 - Microsoft : écoute sans consentement explicite depuis Skype et Cortana.