Entre publicité mensongère pour le Galaxy S10 et pratiques commerciales trompeuses : le double-jeu de Samsung !

Si les consommateurs raffolent des produits de la firme multinationale peut-être seront-ils, désormais, un peu plus regardant sur ce qui se cache derrière ce bout de technologie qu'ils détiennent entre les mains : d'une part, une mise en examen depuis Avril dernier, pour pratiques commerciales trompeuses du fait, notamment, de sous-traiter à prix ultra-dérisoire les employés low-cost locaux alors que Samsung se targue d'appliquer des pratiques éthiques rigoureuses en termes de ressources humaines notamment et, d'autres part, une publicité mensongère à l'égard - entre-autres - du Galaxy S10 selon le régulateur Australien qui affirmerait que le smartphone en question ne serait pas autant résistant à l'eau que cela !

 

 

Concernant la mise en examen, le cas est précurseur : en effet, pour la première fois le TGI de Paris pointe du doigt les pratiques éthiques et commerciales de Samsung (filiale France) jugées douteuses ou, du moins, trompeuses, en contraste de ce qui est affiché sur le site francophone du fabricant, dans sa section "esprit Samsung".

"Il est de notre responsabilité de veiller à ce que Samsung, ses fournisseurs et ses sous-traitants respectent les meilleures pratiques concernant les conditions de travail, la protection de l'environnement et le respect des réglementations locales", a indiqué sans plus de commentaires un porte-parole de Samsung. Il faut dire que l'affaire s'annoncera bien rude probablement pour le géant Sud-Coréen puis le dossier pointera du doigt la période allant de 2012 à 2017 inclus, où de nombr(-eux / -euses) salarié(e)s ont été embauchés sans tenir compte des règles de travail (locales : Chine, Corée, Congo ou encore Vitnam) avec "des journées de 15 à 15 heures [...] pour assembler jusqu'à 1 600 téléphones par jour", avec, à la clé si retard ou évènements impromptus, des punitions ou du harcèlement pour certains salariés ainsi exploités, comme le relate Marie-Laure Guislain (Association Sherpa) qui avait initialement, avec le concours de l'association Action Aid, déposé plainte en tant que partie civile.

 

Le travail des enfants reste, de plus, une véritable problématique puisque Samsung ferait partie des entreprises qui profitent de certaines faiblesses législatives (la loi de 2017 sur le "devoir de vigilance des multinationales" est applicable avec un seuil minimum de salarié(e)s - 5 000 - et n'est, pour l'heure, applicable qu'en France...) pour continuer en toute impunité à utiliser une main-d’œuvre juvénile : 16 ans à peine dans les usines Samsung en Chine, Vietnam et Corée (selon les indiscrétions de China Labor Watch) ou encore 7 ans dans certaines mines de cobalt en RDC (République Démocratique du Congo). En général, les mines utilisent des enfants car ils peuvent accéder facilement à des endroits exigus ou restreint tout en permettant d'être plus agile voire rapide qu'un adulte.

"Le respect de l'éthique est la fondation de nos activités. Tout ce que nous faisons est guidé par une visée morale qui garantit l'équité, le respect et une totale transparence à toutes les parties prenantes", est-il mentionné sur le site francophone du géant Sud-Coréen. Reste à voir ce que donnera ce procès en gageant que, pour une fois, l’exception Française soit vue comme un point positif.

 

Mais il n'y a pas que dans la gestion des ressources humaines que Samsung doit revoir sa copie puisque la firme surenchérirait, également, à tort les capacités de résistance à l'eau de son Galaxy S10. En effet, l'ACCC (Australian Competition and Consumer Commission), dans un communiqué du 4 Juillet dernier, affirme que depuis 2016, Samsung propagerait à tort l'idée que ses smartphones (donc entre 2016 et 2019 dont la gamme S10) seraient parfaitement submersibles (la fameuse certification IP68), ce qui leur permettraient d'être sous l'eau jusqu'à 1,5 mètres de profondeur pendant 30 minutes. C'est sur la (non) définition de l'eau que le régulateur Australien tique puisque à l'heure actuelle, il n'y aurait aucun test véritable ou poussé sur ce type d'exposition, surtout en eau de mer, par exemple. De plus, il est souligné que le site Web du fabricant mentionne discrètement que le Galaxy S10 n'est "pas recommandé pour la plage ou la piscine" ce qui inciterait fortement à croire que l'IP68 ne serait pas, du coup, valable puisqu'elle n'engloberait que l'eau douce (sans chlore ou non récifale, sans sel)... A suivre !

 

Source : France Inter - 3 Juillet 2019 - Mise en examen TGI de Paris de Samsung France pour pratiques commerciales trompeuses.