[MAJ 6 / 7] #SaveYourInternet : quand Wikipédia appelle à contrer la directive Européenne sur le droit d’auteur !

>>> Mise à jour du 6 Juillet 2018 : « Le Parlement dans son ensemble a voté ce jeudi en plénière, par 318 voix contre 218 et 31 abstentions, pour rejeter le mandat de négociation proposé par la commission des affaires juridiques le 20 juin. Par conséquent, la position du Parlement fera désormais l’objet d’un débat, d’amendements et d’un vote pendant la prochaine session plénière, en septembre« , selon le communiqué du 5 Juillet dernier, du Parlement Européen. Prochain rendez-vous démocratique pour les pays États-membres sur la douloureuse question des droits d’auteur d’ici la rentrée, en Septembre 2018. Un répit maigre pour la libre-circulation de l’information et de la liberté d’expression malheureusement incomprise par certains ayants-droits dans ce domaine : « Nous vivons dans un monde où il existe des règles destinées à protéger les faibles vis-à-vis des forts, Internet fait partie de notre vie et doit donc être régulé« , regrette vivement la SACEM… A suivre ! <<<


Actualité du 5 Juillet 2018

Certain(e)s d’entre vous ont peut-être déjà remarqué le message-bandeau qui s’affiche, depuis quelques temps, sur l’encyclopédie du net, en haut de page : il s’agit ni plus ni moins d’un appel à l’aide pour continuer à pouvoir consulter gratuitement ou librement le contenu de Wikipédia…

 

 

« Le 5 juillet 2018 à 11 am CET (5 am EDT), le Parlement européen décidera s’il convient d’accélérer l’adoption de la directive sur le droit d’auteur. Si cette directive est promulguée, elle limitera considérablement la liberté d’Internet. Plutôt que de mettre à jour les lois sur le droit d’auteur en Europe et de promouvoir ainsi la participation de tous dans la société de l’information, cette directive menace la liberté des internautes et instaure des barrières à l’accès au Net en imposant de nouveaux obstacles, de nouveaux filtres et des restrictions. Si la proposition est approuvée, il sera peut-être impossible de partager un article de journal sur les réseaux sociaux ou de le trouver sur un moteur de recherche. Wikipedia elle-même risquerait de fermer« , explique sans détour le communiqué officiel de la version francophone de Wikipédia.

D’autres pays comme l’Espagne, l’Estonie, la Lettonie, l’Italie ou encore – entre-autres ! – la Pologne ont décidé de protester en appliquant à la lettre une telle réforme si cette dernière était votée.

A la liste des reproches, principalement, les articles 11 et 13 de la Directive Européenne :

 

  • le « droit voisin », un prolongement du droit d’auteur « pour les éditeurs de presse » afin de pouvoir être rémunéré sur les contenus initialement créées visuellement ou manuscritement sur des diffusions physiques (publications kiosque, magazines…) mais également numériques (sites Web) ;
  • le filtrage automatique d’une œuvre ou d’un contenu qui consisterait à faire pointer (identification automatique d’une vidéo intégrée sur un article par exemple…) toute œuvre ou contenu créée par quelqu’un d’autre que celui ou celle qui l’a intégré dans un contenu.

 

 

(Source : Joanna Fux pour Actualitte.com)

 

Si les intérêts sont louables et légitimes pour ceux et celles qui veulent protéger leur travail ou création, une telle directive enfoncera fatalement le clou de la diffusion de l’information. Même un rappel, une annotation en source ou un « crédit » en photo ne suffirait donc plus à contenter la loi Européenne à cet égard. Dans ces faits, si la réforme est approuvée, le contenu général d’Internet voire journalistique (puisque le physique, « papier » est inclus pour tout les États-membres !) subira un vrai régime amincissant – déjà existant avec les multiples lois liées au droit d’auteur ou encore les floraisons multiples de contenus informatifs privatisés moyennant un abonnement mensuel – pour ne pas dire un appauvrissement culturel (de la vidéo la plus ingénue au contenu informatif le plus sérieux) de l’Internet ce qui sonnera le glas d’une information gratuite et accessible à tous et toute sur le Web… Une aubaine formidable pour les personnes ou entités cherchant désespérément à récolter un maximum de bénéfice et une malédiction voire une morte latente pour les internautes et les entités ou sites Web tentant de partager librement, gratuitement, un contenu informatif, peu importe le domaine ou la densité intellectuelle de l’information. Outre l’aspect pratique d’un contenu numérique (smartphone, tablette : nomade), il permet indéniablement de pouvoir apprendre ou lire une information, pour des personnes aux conditions limitées soit parce qu’elles sont dans un lieu qui ne permettent pas de consulter des encyclopédies physiques (pour le cas de Wikipédia) soit, tout simplement, parce qu’elles n’ont pas les moyens d’apprendre en s’achetant les recueils nécessaires.

 

Un livre, un smartphone et un PC portable enchaînés ou sécurisés,
selon les opinions…

Une telle réforme érigera, sur le long terme, une intellectualité à deux temps avec ceux et celles ayant les moyens d’apprendre et les personnes laissées à l’abandon ce qui, socialement, aura forcément des effets boule-de-neige pernicieux dans d’autres aspects de la vie, du fait d’un sentiment de frustration de ne pouvoir accéder égalitairement à l’éducation ou une information : en voulant atteindre un but vertueux (être rémunéré pour leur travail), les ayants-droits, également citoyens Européens, mettront à mort la diffusion et le partage de l’Information sur Internet…

« Si une personne cite un article de presse sur Wikipédia pour indiquer l’origine d’une information, l’hébergeur de l’encyclopédie devra demander la permission aux éditeurs de presse pour citer cet article de presse. Avec près d’un million de pages modifiées par mois, obtenir ces autorisations pour les centaines de sources ajoutées est du domaine de l’impossible« , explique Wikimedia, le 11 Juin dernier.

Pour en savoir plus sur le sujet, le site dédié (vers le bas, un formulaire pour « ajouter sa voix » en refusant la réforme, texte automatique : il faut juste renseigner son e-mail et son pays) et le hashtag #saveYourInternet. Vous pouvez aussi agir en laissant un message téléphonique, s’il n’est pas trop tard… A suivre !

 

Source : Wikipédia – 4 Juillet 2018 – Directive Européenne du droit d’auteur (vote le 5 Juillet).