Twitter : un endroit « toxique » pour les femmes selon Amnesty International ! (Tweet’s up)

Après Facebook, c’est au tour de Twitter de voir son éthique remise en cause ; et c’est Amnesty International qui s’en charge : selon un rapport de l’organisation humanitaire, il ne ferait pas bon vivre sur la plate-forme sociale si l’on est une femme et encore plus une femme revendiquant son appartenance à une communauté.

 

 

Si les mauvais gestes ou mots sont tristement monnaie courante dans la rue ou les endroits publics (sans compter les frottements dans les files d’attente peu subtils…), Internet n’échappe pas à la règle en étant pour certaiNs le défouloirs pratique et anonyme, pensons-le, pour attaquer le plus faible ou, ici, une personne de choix assimilée à une communauté particulière : « l’enquête met en lumière les expériences particulières de violence et d’abus sur Twitter contre les femmes de couleur, les femmes appartenant à des minorités ethniques ou religieuses, les femmes lesbiennes, bisexuelles ou transgenres – ainsi que les personnes non binaires – et les femmes handicapées« , est-il ainsi exposé en préambule de ce rapport basé sur le ressenti de quelques 86 femmes Anglaises ou Américaines, pendant une période de 16 mois.

Qui n’a jamais vu certaines personnalités fermer leur compte ou annoncer prochainement la fermeture de leur compte sur le réseau de l’oiseau bleuté ; dernière en date, l’animatrice de télévision Karine LeMarchand vivement taclée à maintes reprises par bon nombre d’usagers du réseau, lui reprochant sa proximité récente avec l’acteur-rappeur (et dernièrement testeur de rhum dans « la route de la soif » pour la chaîne Viceland) Joey Starr alors que celui-ci faisait posait pour PlayBoy, quand ce n’est pas la teneur de ces tweets qui sont remis en question ou ses goûts vestimentaires (une parka faussement pointé du doigt pour être de la même composition que les moutons de certains agriculteurs dont elle faisait le portrait dans ADP, il y a quelques temps)… Un exemple, certes, ciblé mais qui montre bien l’envergure d’un phénomène social de plus en plus croissant : l’acharnement ou le jugement à l’emporte-pièce qui fait de Twitter le prochain pourriel auto-consentit, même si, parfois, tristement, certain(e)s (femmes comprises) en profitent pour surfer sur cette pente descendante pour mieux se faire connaître voire pire dans le cadre d’acharnement médiatiques (presse).

 

Pour le commun des mortels – le reste des femmes – l’exemple n’est pas si changeant que cela puisqu’à défaut de vouloir fermer leurs comptes, certaines opteraient, selon le rapport, pour des propos permettant d’éviter d’éventuelles confrontations quitte à ne pas marquer franchement ce qu’elles pensent. Quand à celles qui osent le contraire, les remarques sont cinglantes pour ne pas dire choquantes puisqu’il s’agit de harcèlement moral / verbal : « Nous voyons des jeunes femmes et des adolescentes subir le harcèlement en ligne comme une partie normale de leur existence en ligne. Les filles qui osent exprimer leurs opinions sur la politique ou sur l’actualité connaissent souvent un contrecoup très rapide et misogyne. Cela pourrait être des menaces de viol ou des commentaires leur disant de retourner dans la cuisine. C’est une question invisible en ce moment, mais cela pourrait avoir un impact majeur sur la future participation politique de ces filles et jeunes femmes« , alarme l’auteure Laura Bates. En moyenne, 61 % des abus prennent place dans des commentaires déplacés ou abusifs, suivis en seconde position, par les remarques sexistes ou misogynes (46 %). Les images ou médias obscènes ou douteux dans ce domaine sont en bas de ce triste classement avec 8 % des actes recensés sur le ressenti du panel éprouvé pendant cette période. Jack Dorsey, dirigeant principal du réseau, a mobilisé la communauté le 1er Mars dernier pour réfléchir autour de solutions pour assainir les débats et mentalités…

A une heure et une année aussi connectée que la nôtre, on peut légitimement se poser quelques questions dont une : quel héritage laisseront ces personnes qui se cache derrière un nom, un compte en dénigrant leur semblable ; des personnes qui pourraient parfois être leur mère, leur fille… A suivre !

 

Source : Amnesty International – Toxic Twitter – 2017 / 2018.