Linky : la Cour des comptes réclame plus de transparence et moins de coûts pour l'usager ! (un rapport dans la mare)

A l'occasion de son sacro-saint rapport annuel public, la Cour des Comptes en profite pour épingler au mur les bons élèves et ceux qui ont besoin de faire mieux voire beaucoup mieux en terme de logistique ou encore de maîtrise des coûts envers la collectivités et leurs habitants : Linky fait partie de la seconde option avec un rappel à l'ordre à venir pour Enedis (EDF) qui profiterait de sa position quasi-dominante sur le marché pour faire grimper la facture avec des prix, sur le long terme, variables.

 

 

D'un côté se place l'usager qui ne peut mesurer (ou difficilement) de manière rapide et ludique sa consommation à la manière d'un compteur classique. En effet, comme souligné par la Cour des comptes, pour l'heure seul l'index fait foi (puissance effective et puissance maximale pour un jour donné, rien de plus) ; de l'autre, un marché forcément limité / non déployé puisque Enedis récupère le marché jusqu'en 2021 pour un taux pleins des ménages intégrant le compteur connecté entre 2022 et 2024. Entre investissements et emprunts (financement "différé") qui vont gonfler le coût (donc variable) de ces compteurs pour amortir les dépenses et investissements, Enedis devrait, selon les prévisions chiffrées du rapport, avoir une marge ; si tout ce passe comme prévue, "10, 3 % de la VAN des actifs. Elle pourrait même être supérieure en cas d’économies par rapport aux coûts prévisionnels (de l’ordre de 11 % de la valeur des actifs en cas d’économies de 20 %) et seules des dérives importantes amèneront réellement à pénaliser l’entreprise, et ce de façon limitée puisque, les pénalités étant plafonnées, Enedis est assurée d’avoir une rémunération d’au moins 5,25 %", hors "incitations financières" (taux de rémunération des actifs avec des "bonus" applicables si les chiffres sont au rendez-vous en terme d'objectif).

 

Sur cette base, plusieurs solutions ont été proposées comme une facture d'électricité plus récurrente (tout les mois par exemple et non tout les semestres), un dispositif mobile connecté à Linky "par liaison radio"... Petit problème évoqué brièvement : le danger de ces appareils électromagnétiques pourtant nombreux dans notre quotidien. Officiellement et selon le rapport, "les ondes émises par le système Linky sont inférieures aux plafonds prévus par les normes sanitaires définies au niveau Européen et Français" soit au même niveau que celles générées par une télévision moderne ou cathodique "et largement inférieures à celles générées par des plaques de cuisson"... Voilà qui sera probablement rassurant. Reste d'autres pistes possibles, côté consommateur, comme la possibilité de consulter en ligne au quotidien sa consommation via des portails dédiés au service notamment une "courbe de charge" par palier de minutes ou d'heures, une fonction normalement applicable par défaut (art. D. 341-21 du code de l'énergie) mais non obligatoire légalement (recommandation).

 

Le sujet reste toutefois complexe et si l'analyse détaillée et pertinente, chiffres à l'appui, de la Cour des Comptes pourrait ouvrir le chemin à certaines solutions évoquées ci-dessus certains acteurs comme le Président de la Commission de régulation de l'énergie émet quelques réserves tout en menaçant en demi-teintes un risque de surcharge pour les acteurs gérant l'ensemble de ces compteurs. Jugés "biaisés", les constats avancés ne seraient profitables qu'à "très court terme" et pourrait nuire à certains piliers économiques comme les BC qui reposent "sur un principe de prévisibilité et de stabilité". De plus, le Président de la Commission estime, rapport à l'appui,  qu'il "n'est pas évident qu'Enedis bénéficie d'une sur-rémunération".

 

(Source : Urtikan.net)

 

L'association UFC-Que-Choisir tranche dans le sujet en appuyant les conclusions de la Cour des Comptes notamment une implication plus forte de l’État pour réguler ce système de compteur connecté en devenir total d'ici quelques années en France, au profit du consommateur : "Comme le recommande la Cour, il est important que l’État retrouve un rôle de chef de file, avec la mise en place d’un véritable pilotage du programme Linky visant aussi bien la communication que les aspects plus techniques, cruciale avec le développement de solutions autour de la maîtrise de la demande énergétique".

"L’accès à l’information en temps réel fait partie du socle d’information nécessaire à la maîtrise de la consommation d’énergie et qu’à ce titre elle doit être accessible par tous et sans surcoût direct", conclut l'association de consommateurs... A suivre !

 

Source : Rapport annuel Février 2018 - Cour des Comptes - Linky (compteur connecté).