Droit à l’oubli : le bilan Européen de Google depuis 2014 (la carte de la transparence) !

Quête ou oubli identitaire, Internet peut être le revers de l’un et vice-versa… Une ambiguïté aux conséquences parfois dramatiques pour certains internautes qu’a tenter de juguler la Cour de Justice Européenne en sommant à Google, par son jugement rendu le 13 Mai 2014, de fournir les ressources nécessaires à ceux et celles usitant les services Web du géant et désireux, au besoin, de pouvoir supprimer leur(s) donnée(s) ; bilan, en ce début d’année 2018…

 

 

Depuis le 29 Mai 2014, 654 876 demandes ont été envoyés au géant de Mountain View, constituant ainsi quelques 2 437 271 demandes de suppression d’URLs des résultats de recherche. Une demande largement satisfaite au niveau de l’U. E., à hauteur de 43,3 % (900 665) même si le reste a été jugée, donc, irrecevable par Google qui notifie bien que ce chiffre ne comprend pas les dossiers en cours ou qui nécessite plus d’investigations. En France, 207 140 URLs ont été retirées du moteur de recherche (soit 48,5 %). Si les demandes (depuis Janvier 2016) émanent essentiellement des particuliers (88.7 %), par dégroupage socio-professionnel et hors cas « particuliers », celles-ci reflètent un chiffre accablant pour les mineurs en quête d’anonymat (40,7 % – 13058) ; viennent ensuite les entreprises (21,2 %) ainsi que les fonctionnaires (20,9 %) et les « personnalités publiques ne relevant pas de l’État », constitutives de 14,2 % de ces demandes.

 

(Source : lemagit.fr)

Les sites sociaux ne sont, contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas en tête des sites ayant fait l’objet de demandes de suppressions d’URLs ; ils sont même très loin (11,6 % « seulement » soit 127 138 demandes depuis Janvier 2016), le plus gros des requêtes du genre (49,2 % : 538 669) étant classifié sous « divers » une catégorie « non-correspondante aux autres catégories ». Les types de contenus soumis à suppression des résultats de recherche (toujours depuis Janvier 2016), ont principalement pour motif des données « insuffisantes » (24,7 %). Les « noms introuvables » (12,2 %) et la « rédaction par l’auteur » (7,7 %) sont également invoqués pour le droit à l’oubli. Reste, paradoxalement, que les données liées à des faits divers – criminels – et les informations personnelles (respectivement : 6,1 % et 5,4 %) font donc partie des type de requêtes les moins demandées…

En croisant ces motifs avec la nature du site, on constate, selon les chiffres données par Google, que le Gouvernement arrive en tête de liste (40 % : informations professionnelles), « divers » (31 % : informations insuffisantes) et la « rédaction par l’auteur » (30 % : médias sociaux). Reste, enfin, qu’en toute transparence, Google affiche le nom de quelques sites (il s’agit d’un échantillon puisqu’additionnées, les URLs sont loin d’atteindre les 2 437 271 demandées…) tels que 118712.fr (7 701 URLs supprimées), Facebook (6 846), Twitter (5 476), G+ (3 316)… A suivre !

 

Source : Google – Rapport de transparence – au 28 Février 2018.