L’enfant et les radiofréquences : l’ANSES alerte sur « des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien-être » !

Alors que la folie Pokemon Go gagne(ra) nos contrées Européennes avec quelques – « Psyko » ! – « Kwak » en matière de données personnelles, les enfants, premiers utilisateurs (en théorie !) de ce type d’application en RA sont eux-mêmes, à leur tour, les premiers exposés : selon un rapport de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)  publié le 8 Juillet dernier, une exposition prolongée ou excessive de jeunes enfants à proximité de certains objets connectés et / ou terminaux émettant des radiofréquences impacterait grandement leur santé.

 

enfants_objets connectes

 

Comme expliqué dans le rapport détaillé de l’ANSES, l’organisme Français de veille et d’information sanitaire a, dans un premier, temps, récolté scrupuleusement, dans le cadre d’un pré-rapport mise en ligne publiquement, par 100 entités (dont 92 ONG, 7 entreprises ou fédérations d’entreprises et 1 particulier), pour la période du 9 Juin au 21 Août 2015.

 

ANSES_pre rapport radiofrequences enfants 9 juin 21 aout 2015

Il est intéressant de noter que ce premier jet, basé certes sur les avis et commentaires de différentes personnes physiques ou morales, révèle à 68 % des constats relatifs au domaine sanitaire, dont 31 % seraient liés à des troubles du système nerveux ou encore des cancers, à hauteur de 13 %, selon les avis recueillis. Dans le >rapport final<, basé sur l’étude de jeunes enfants (depuis la phase « in utero » jusqu’à l’âge de 6 ans), l’ANSES conclue qu’il n’y a vraisemblablement aucun lien de causalité véritable entre l’exposition de ces jeunes enfants aux ondes électromagnétiques et des maladies ou pathologies sérieuses comme le cancer, entre-autres… « Nous ne reprenons pas dans le détail les études anciennes, évoquées dans le rapport 2009 […] Ces études de type écologique ne permettent pas d’étudier le lien de causalité […] Une autre étude ancienne a exploré un cluster de cas de leucémies infantiles à Hawai ; basé sur 12 cas, l’excès de risque associé au fait d’habiter à moins de 2,6 miles d’une tour d’émissions de radio FM ne peut pas être considéré comme significatif » tout en concluant que « l’hypothèse d’un lien entre l’usage du téléphone mobile et l’apparition de troubles relevant de la santé mentale tels que décrits dans des études (altération du bien-être, dépression, troubles du sommeil, etc.) est plus plausible que l’hypothèse d’un lien entre l’usage du téléphone mobile et l’apparition d’effets sanitaires d’une autre nature, par exemple le cancer« .

 

technologie danger_humour

(Source : Geluck, « Le chat »).

Selon le rapport, pour l’heure, si, au travers des nombreuses études citées dans ce rapport mettant en lien l’exposition humaine aux radiofréquences (proximité antenne, usage téléphone mobile…) et une affection cancéreuse, il n’est aucunement nié que les champs électromagnétiques sont néfastes pour le corps humain surtout dès le jeune âge, aucun preuve avérée n’a été constatée, du fait d’une étude, en théorie, non assez poussée voire incomplète : « Deux études ont investigué les effets d’une exposition aux radiofréquences sur la cytotoxicité et la génotoxicité de cellules sanguines matures (Ziemann et al. ,2009) ou non ( Şekeroğlu et al., 2012). Tandis que la première étude ne montre pas d’effet, la seconde rapporte une augmentation significative de la fréquence des aberrations chromosomiques et des micronoyaux chez les rats exposés, juvéniles ou matures, avec une fréquence plus élevée chez les animaux jeunes. Cependant, chez les rats juvéniles, après la période de récupération , le nombre d’aberrations chromosomiques et de micronoyaux diminue. Ces résultats étant contradictoires, et l’étude de Şekeroğlu et al., faisant l’objet de limites méthodologiques, une confirmation par d’autres études est nécessaire« .

Des études incomplètes ou, du moins, pas assez pointues selon le rapport pour affirmer à 100% ce fameux lien de causalité… Sans pour, toutefois, le nier, mais toujours avec des pincettes : « rappelons que dans le rapport publié par l’Agence en 2013 sur les effets des radiofréquences sur la santé, un effet possible des radiofréquences sur l’apparition des gliomes avait été déterminé pour les utilisateurs « intensifs » de téléphone mobile, c’est-à-dire ayant cumulé plus de 1640 h d’exposition […] Dans la mesure où les tumeurs de l’enfant ne sont pas comparables aux tumeurs de l’adulte, les conclusions du rapport de 2013 montrant un effet limité des radiofréquences chez l’adulte sont difficilement extrapolables à l’enfant. Ceci ne permet cependant pas d’exclure que les enfants exposés ne développeront pas de tumeurs ultérieurement« .

 

ANSES_rapport final juin 2016 radiofrequences enfants_repartition pdts radioelectriques moins 6 ans

% et nombre de produits radioélectriques sur le marché.
Source : LNE (2012).

Ainsi, cancers écartés faute de preuves / données, reste que pour les jeunes enfants les radiofréquences, comme pour l’adulte, restent néfastes voire plus en raison de leur petite taille et de leur croissance en cours. L’ANSE préconise bien évidemment de réduire l’utilisation d’appareils à ondes de tout type pour ce jeune public souvent friands de jeux sur smartphones, en notant que d’autres appareils sont pointés du doigt comme les babyphone émettant eux aussi des ondes potentiellement néfastes sur les nourrissons ou enfants en très bas âges, pouvant alors altérer les fonctions cognitives (concentration, mémoire…) voire les fonctions mentales.

Du coup, l’ANSES préconise certaines solutions comme l’alignement de l’ensemble des objets émettant des radiofréquences (babyphone, jouets connectés, veilleuses, tablettes pour enfants…) aux même normes que les terminaux mobiles avec le fameux DAS (Débit d’Absorption Spécifique) lui-même remis, également, en cause par l’agence sanitaire, qui conseille de revoir le plafond de l’indicateur pour « développer un indicateur représentatif de l’exposition réelle des utilisateurs de téléphones mobiles, quelles que soient les conditions d’utilisation : signal utilisé, bonne ou mauvaise réception, mode d’usage (appel, chargement de données, etc.) ». l’ANSES invite fortement, aussi, à revoir à la baisse les « niveaux de référence » relatifs aux radiofréquences / champs électromagnétiques tout en appelant au bon sens moral et éthique en fixant des seuils proportionnels à la situation « selon des conditions raisonnablement prévisibles d’utilisation (par exemple positionnement au contact du corps)« . Reste les recommandations ultimes de l’ANSES et applicables dès à présent pour tous et toutes : évitez un usage excessif des objets connectés dans la durée (limitez les conversations en longueurs ou dans une même journée) et dans le temps (évitez l’usage en nocturne), tout en limitant l’accès aux plus jeunes surtout s’ils possèdent déjà leur propre smartphone (l’agence Française préconise plutôt le kit mains-libres, pour les cas les plus extrêmes…)… A veiller !

 

Source : Anses.fr