Ventes mobiles et fixes au 1er trimestre 2016 : Orange culmine, SFR décline, Bouygues se maintient et Iliad s’élève (Freeling myself) !

Comme à l’accoutumé, les opérateurs mobiles ont dégainé leurs chiffres en terme de ventes mobiles et fixes pour le 1er trimestre de cette année ; Hausse du chiffre d’affaire, augmentation du parc mobile et / ou fixe, diminution du nombre d’abonnés, investissement dans la fibre… Petit tour rapide d’horizon sur ceux qui peuvent fanfaronner ou qui tendent à décrocher le bonnet d’âne !

 

Free mobile SFR Bouygues telecom Orange_opérateurs mobiles

En premier – et le première à avoir communiqué, le 26 Avril dernier – l’opérateur Orange affiche une santé financière au beau fixe : côté mobile, l’opérateur Parisien comptabilise 191 049 000 de clients fin mars 2016 contre 188 184 000 au 1er trimestre 2015.

Orange

Le marché de la téléphonie fixe reste aussi en augmentation constante mais de manière moindre que pour le secteur mobile avec une hausse de « seulement » 1 642 000 de nouveaux abonnés, par rapport à fin mars 2015 ce qui, toutefois, ne fait aucune ombre au CA d’Orange puisque l’opérateur Français récolte, tout pays confondus, la bagatelle de 10 009 000 d’euros au 1er trimestre de cette année contre 9 950 000 d’euros fin mars 2015. De plus, le groupe annonce 2 226 000 d’abonnés fibre (soit environ deux fois plus qu’avant, selon le communiqué) et 20 000 000 d’abonnés 4G, fin mars 2016.

 

Free Mobile Iliad_Xavier Niel

Xavier Niel,
vice-président fondateur d’Iliad.

Au coude-à-coude avec Bouygues Telecom, le groupe Iliad continue son ascension et, après avoir grignoté doucement une troisième place à SFR, concernant la mise en service des antennes 4G (au 1er Mai 2016, Free Mobile a mise en service 6 314 antennes 4G contre 5 786 pour SFR, selon l’ANFR), le groupe Iliad compte bien passer au plat de résistance avec Bouygues Telecom, alors que l’opérateur vient d’essuyer un échec via la négociation avortée avec Orange. Du coup, Free Mobile, via son communiqué publié à ce jour-même, annonce une hausse de 215 000 abonnés pour son parc mobile, avec 11 900 000 clients Free Mobile fin mars 2016 contre 11 685 000 d’abonnés pour le 4ième trimestre 2015.

Bouygues telecom

Bouygues Telecom, quant à lui, annonce 240 000 abonnés en plus, soit 25 000 consommateurs de plus que son concurrent, au 1er trimestre 2016, ramenant le nombre total d’abonnés mobiles pour Bouygues à 12 130 000 de clients, en notant, toutefois, qu’il aurait été plus équitable de mettre en comparaison les chiffres du 1er trimestre 2015 et non ceux du 4ième trimestre 2015. Le parc de la téléphonie fixe continue à progresser avec 71 000 nouveaux clients pour BT, ramenant l’ensemble du marché fixe à 2 859 000 abonnés, soit 311 000 nouveaux abonnés, entre le 1er trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016, marché fixe et mobile confondu (240 000 pour la part mobile, 71 000 concernant le marché du fixe) ; Free Mobile en regroupe 6 216 000. Toutefois, concernant la 4G, c’est BT qui remporte la bataille, affichant 5 600 000 de clients contre 4 250 000 clients pour la branche mobile d’Iliad qui annoncerait 2 800 000 de nombre de « prises raccordables en FTTH » (reste à voir le nombre d’abonnés fibre « pur »). BT affirme une croissance liée à la fibre optique, égale à « 20 % de la croissance nette de ce premier trimestre 2016 » sans plus s’étaler sur le sujet… Au 1er trimestre 2016, le groupe Iliad affiche une recette globale (marché fixe et marché mobile) de 1 145 400 d’euros contre 1 131 000 d’euros pour la branche Telecom de Bouygues qui affiche toute de même une variation positive de 6 % par rapport à son CA 2015 (1 063 000 d’euros), ce qui n’est pas mal, étant donné les récents événements subits par l’opérateur Français.

 

SFR Groupe_Patrick Drahi

Patrick Drahi,
PDG d’Altice.

Last but not least, SFR clôture la marche puisqu’en terme d’abonnés, l’opérateur a essuyé quelques pertes par rapport au 1er trimestre 2015 : pour la partie mobile, 1 161 000 d’abonnés en moins (de 18 137 000 au 1er trimestre 2015 contre 16 976 000 au 1er trimestre 2016) et, pour la partie fixe, 228 000 abonnés (6 520 000 au 1er trimestre 2015 contre 6 292 000 au 1er trimestre 2016). Aucun chiffre concret concernant son parc 4G, si ce n’est « plus de 985 sites soit 2 fois plus que chacun de ses concurrents », sans plus entrer dans les détails. Et, côté fibre, là aussi, SFR joue la même carte qu’Iliad avec un chiffre basé sur le nombre de prises raccordables (et non effectives / « vendues »), via 8 100 000 de prises FTTH (voire 22 M – toujours de prises ! – d’ici 2022, selon les propos du communiqué de SFR du 11 Mai 2016). Ses recettes sont, également, en berne, par rapport à 2015 : avec une variation négative de 6,1 %, SFR accuse un CA au 1er trimestre 2016 de 2 573 000 d’euros contre 2 740 000 euros pour le 1er trimestre 2015. Toutefois, preuve de sa bonne volonté à montrer ses efforts et son retour progressif dans la course mobile, l’opérateur affiche sans complexe son ratio d’endettement, qui passe de 3.3x (fin mars 2015) à 3.8x (fin mars 2016).

Ainsi, même les comptes-rendus chiffrés deviennent un exercice de style concurrentiel où chacun saura au mieux agencer les nombres pour mieux arrondir ces derniers quitte à ne pas fournir du tout, parfois, l’information : palme d’or à Iliad qui n’a donné « que » ses recettes globales (quid des ventilations de ces dernières : EBITDA ?) ou encore certains opérateurs qui comptent en nombre de « prises raccordables en FTTH » ou en « base comparable » ou encore annoncer une hausse significative d’un CA par rapport à un trimestre précis sans en donner la teneur… Moultes imprécisions que certains n’hésitent pas à exploiter, jusque dans le moment de diffusion du communiqué, pour mieux organiser, pensons-le, la véracité des chiffres… A suivre !

 

Source : Edcom.fr