[MAJ 1 / 3] »Il n’est pas question de porte dérobée » : Bill Gates désavoue Apple dans l’affaire San Bernardino (Hate me like you do) !

>>> Mise à jour du 1er Mars 2016 : Dans le cadre d’une affaire de trafic de drogues, via une procédure judiciaire lancée depuis Octobre 2015 où la justice avait formulé le même type de demande que récemment (à savoir le déverrouillage / décryptage de données sur un iPhone), le juge en charge de l’affaire vient de rendre son verdict, en faveur de la pomme verte : « Rien dans les arguments du gouvernement ne suggère une quelconque limite de principe sur ce qu’un tribunal pourrait demander à une personne ou une entreprise pour violer les valeurs les plus profondément enracinées […] la théorie du gouvernement selon laquelle un accord de licence lui permet de forcer les constructeurs à l’aider à surveiller les utilisateurs […] aboutira à une expansion virtuellement sans limite de l’autorité judiciaire pour s’introduire subrepticement dans la vie privée« , explique ainsi le juge Orenstein, indiquant clairement que l’All Writs Act ne pouvait légitimer autant de liberté, concernant la vie privée des utilisateurs et son respect. Reste à savoir si le FBI se contentera de ce premier jugement ; Sans doute que non… A suivre ! <<<


News d’origine du 23 Février 2016 :

S’il a toujours été de notoriété chronique que la concurrence entre Apple et Microsoft, notamment, était plus que rude, il n’est sans doute jamais facile d’en voir des démonstrations du genre et, qui plus est, en publique ; En cause : une interview donnée par l’ex-PDG de Microsoft qui met un gros point noir sur le « i » de l’OS mobile d’Apple, contredisant les craintes de la pomme verte à l’égard de la demande du FBI pour déverrouiller l’iPhone du suspect, dans le cadre de l’attentat de San Bernardino.

 

Apple_FBI

 

Pour rappel, suite aux fusillades de San Bernardino, en Californie, début Décembre 2015, qui avait fait, selon les estimations, pas moins de 14 morts et 21 blessés, le FBI, toujours en investigation intensive sur cette triste affaire avait demandé la coopération d’Apple pour déverrouiller le terminal mobile en créant spécifiquement un logiciel / firmware afin d’accéder au contenu sans risquer d’effacer les données, en tentant d’entrer le bon mot de passe, après environ une dizaine de tentative qui bloquerait, donc, l’iPhone incriminé.

 

Apple_FBI conflit san bernardino

S’inquiétant d’une telle dérive via la création d’un logiciel permettant, en théorie, pour le FBI et les autorités compétentes, de faire mains basse, au passage, sur la vie privée de l’utilisateur avec un accès en arrière-plan au contenu de l’individu lambda, Apple (à travers l’actuel dirigeant, Tim Cook) a manifesté, le 16 Février dernier, à travers une lettre ouverte à l’attention de leurs utilisateurs, son refus de coopérer et de soutenir une banalisation latente, si cela devait exister, d’une telle pratique qui constitue, ni plus ni moins, selon la firme de Cupertino, la création légale d’une porte dérobée pour le FBI : « C’est quelque chose de trop dangereux à créer. La seule manière de garantir qu’un tel outil puissant ne soit pas malveillant et qu’il ne tombe pas entre de mauvaises mains et de ne jamais le concevoir« , explique ainsi Apple dans la FAQ spécialement créée pour cet événement, pour répondre aux interrogations de l’utilisateur lambda, sans omettre d’ajouter, un peu plus bas, que si, bien évidemment, la firme verte pourrait tout à fait être capable de développer ce type d’outil, il serait trop hasardeux de le faire, en raison de risques potentiels de cyberattaques par des individus malveillants qui tenteraient, alors, de cracker l’outil en question, avec les conséquences qu’on imagine aisément.

En réponse à Apple, hier, le 22 Février dernier, c’était au tour du FBI de publier sa lettre ouverte qui se veut rassurante, en réitérant sa volonté formelle de vouloir accéder aux données du terroriste de San Bernardino sans pour autant dupliquer la manipulation à grande échelle afin de garder un œil sur chaque citoyen Américain, à travers son smartphone : « Nous voulons avoir la chance, tout simplement, d’essayer d’obtenir le mot de passe du terroriste sans que le smartphone autodétruise les données et sans que cela prenne une décennie pour les obtenir correctement. Voilà tout. Nous ne voulons outrepasser les données encryptées de quiconque ou configurer un accès en mode Maître sur le pays« , affirme Jim Comey, directeur général du FBI.

 

Bill Gates_interview FT 23 Février 2016-

Bill Gates, lors de son interview
avec le Financial Times, le 23 Février 2016.

Et comme une déclaration de ce type, en général, en cache une autre, c’était au tour à un autre acteur d’entrer dans la danse mais peut-être pas celui que l’on aurait cru puisque Bill Gates, ex-PDG de Microsoft, a tranché en demi-teinte, se rangeant ainsi du côté du FBI en affirmant qu’il n’y avait pas de porte dérobée qui avait lieu d’être et que le FBI ne demandait qu’un logiciel spécialement conçu pour cet iPhone, sans arrière-pensée aucune ou usage ultérieur : « C’est un cas spécifique où le Gouvernement demande un accès à l’information. Ils ne demandent pas quelque chose dans un but global mais dans un but spécifique« , explique Bill Gates, dans son interview accordée au Financial Times aujourd’hui-même.

Google,, Yahoo!, Facebook ou encore, autre-autres, Microsoft-même, soutiennent le point de vue d’Apple via la RGS (Reform Government Surveillance) dont font partie ces acteurs : « les entreprises de technologies ne devraient pas être tenues d’implémenter des backdoors sur des technologies qui ont pour vocation de protéger les informations des utilisateurs », pouvait-on lire le 17 Février dernier, via un communiqué du RGS publié sur Tumblr le 17 Février dernier.

 

iPhone_Apple vie privée cryptage

Quant à Apple, s’il a déjà fourni « toutes les données » qu’il avait en sa possession, y compris « les sauvegardes de l’iPhone en question » – point d’ailleurs confirmé par le Gouvernement – il ne reste pas totalement fermé à la discussion : à en croire ses propos, il serait prêt à intégrer une commission ou un groupement d’experts dont le rôle serait de débattre / réguler sur des sujets tels que « l’intelligence, la technologie et les libertés civiles » et de leurs conséquences sur les libertés individuelles et globales, au niveau juridique ; Un ultimatum déguisé en cause louable et idéaliste appuyée, par ailleurs, par certains membres du Congrès Américain ; Gageons que cette proposition ouverte pour protéger les intérêts de l’oncle Sam sera couronnée de succès, même si l’on a peine à croire que le FBI lâchera la bride aussi facilement et attendra patiemment qu’un conciliabule accède à sa requête sur un terrain où elle a surement l’habitude de faire fi des conventions légales, du moins, quant elle n’a besoin d’aucune aide extérieure pour ses investigations… A suivre !

 

Source : Clubic.com




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